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Cobollaborer, le salut des PME ?

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Publié le

13 septembre 2019

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Le développement des robots collaboratifs ne serait-il pas l’avenir des PME ainsi que le moyen de retrouver un tissu industriel local ? Analyse d’une innovation intéressante.

 

La France est pleine de chercheurs et d’ingénieurs qui imaginent des robots, avec des centaines de PME, qui imaginent, fabriquent et intègrent les robots, mais les industriels français en achètent peu. Tous les savoir-faire ne sont pas automatisables, tous les patrons n’envisagent pas de gaîté de cœur de mettre leurs ouvriers au chômage, toutes les productions ne sont pas si abondantes, standardisées et régulières qu’investir dans un robot soit rentable. Les usines d’automobiles françaises comptent plus de robots que leurs homologues allemandes… mais nous avons moins d’usines. Surtout, un robot est terrifiant : increvable, pas syndiqué, toujours actif, il est la figure même du grand remplacement des humains.

 

Mais l’arrivée des « cobots », les robots collaboratifs, change un peu la donne. Alors que l’automatisation des tâches les plus mécaniques détruit des emplois (un robot français peut impeccablement ranger en caisses quatre mille bouteilles de champagne en une heure), le robot intelligent qui sait se montrer bon camarade lève les préventions. La société Jacquemet, PME spécialiste du fil métallique tordu, avec 120 salariés, en a désormais six, que les ouvriers déplacent au gré de leurs besoins. Au début, ils déchargeaient les bobines de fil, puis ils transportaient les pièces, bientôt ils souderont, apprenant en copiant les gestes de leur binôme. La productivité s’est améliorée, aucun emploi n’a été supprimé, le personnel a gagné en compétences et les robots patientent sans se plaindre devant la machine qui pond des crochets, attendant qu’il y en ait 50 pour les réunir en fagot (Les Échos).

 

Lire aussi : Pierre Vermeren : « L’ingénieur et l’officier ont cédé la place au juriste, à l’énarque et au financier »

 

Des robots intelligents

 

Il existe plusieurs sortes de cobots, extension mécanique plus ou moins autonome du travailleur : la navette, qui porte les charges à sa place, comme le robot suiveur des postiers testé à Montpellier depuis juillet – en attendant que les livreurs autonomes les remplacent ; l’exosquelette motorisé, qui permet de soulager l’effort ou d’amplifier la force, comme ExoPush, mis au point par RB3D pour Colas, pour assister les ouvriers qui étalent le bitume (mais ce segment comporte plus de prototypes que de réussites avérées); enfin, les bras articulés sur six axes et parfois montés sur roulettes. C’est le Danois Universal Robot qui domine le marché. Il a justement ciblé les PME, comme Jacquemet, avec des cobots qu’on peut programmer sans coder : l’opérateur est souvent l’ouvrier désormais déchargé des tâches ingrates et nanti d’un com- pagnon discret dressé à surveiller du coin de la caméra ce qui se passe pour éviter de blesser qui que ce soit.

les robots et les cobots ont permis de transformer les conditions de travail mais aussi les qualifications requises pour travailler en milieu robotisé

Les cobots peuvent visser des boulons (celui qui vient d’être développé pour Renault est capable de monter tout seul dans la camionnette où il doit intervenir) ou faire faire ses exercices à un patient dans le coma : c’est le client qui décide de la manière d’utiliser ces bras et leurs appendices, pinces et caméras. Alors, les cobots, animaux domesttiques ou chevaux de Troie ? Ce sont les régions françaises les plus robotisées qui ont le moins à craindre de l’automatisation des tâches : les robots et les cobots ont permis de transformer les conditions de travail mais aussi les qualifications requises pour travailler en milieu robotisé. Le gouvernement a décidé de soutenir cette industrialisation avec des taux d’amortissement très avantageux. Les cobots représentent un investissement de quelques dizaines de milliers d’euros : ce ne sont jamais des chaînes complètes qui annihilent des ateliers entiers mais des « individus » que l’entreprise accueille et acclimate. Avec un cobot, on ne désindustrialise pas, on permet au tissu des PME de subsister.

 

Richard de Seze

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