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Compol : quand la politique se met au service de la com

La politique se serait-elle mise au service de la communication ? Il n’est qu’à revoir les débats politiques d’autrefois pour comprendre que nos escarmouches contemporaines de plateaux de télévision sont pipées par les artifices des « communicants » : gestuelles étudiées, éléments de langage, travail avec des coachs, ou encore, tenues savamment étudiées pour envoyer des messages subliminaux, sont désormais le lot commun du débat politique.

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© Romée de Saint Céran pour L'Incorrect

« L’impératif de com a été assimilé par le milieu politique d’une façon plus poussée que jamais  auparavant dans notre histoire. Ce phénomène  est corrélé à la structure de la démocratie d’opinions. Il faut être validé par des minorités », dit ainsi le  communicant et dirigeant de la société MCBG Conseil, Philippe Moreau-Chevrolet. Si le but d’une élection présidentielle reste toujours de réunir une majorité au deuxième tour, l’impératif communautaire se fait grandement ressentir dans les discours des hommes et des femmes politiques. L’atomisation du corps social français en groupes d’intérêts particuliers fondés sur le genre, l’orientation sexuelle, l’ethnie ou la classe sociale, empêche les décideurs de tenir des discours universels s’adressant au peuple français dans son ensemble. Les élus scindent donc leur communication en fonction de leurs cibles électorales, distillant des messages de plus en plus ciselés pour répondre aux questionnements et aux attentes de ces parts de marché politiques. 

Philippe Moreau-Chevrolet complète ainsi le constat : « D’une façon générale, la démocratie d’opinion est très favorable à la prise en compte du fait minoritaire. Au fond, il suffit de gueuler pour obtenir quelque chose, quand le dialogue s’avère insuffisant ». Cette tyrannie des capricieuses minorités rend la prise de décision politique complexe, ce qui amène à de longues séquences médiatiques durant lesquelles les gouvernants semblent avancer au doigt mouillé, tétanisés à l’idée de devoir trancher et cliver, ce qui ne manquera pas de déplaire à une partie du corps social comme l’a encore démontrée la crise du coronavirus. Un bon communicant sait d’ailleurs que les débats parlementaires ne font plus l’opinion, ce que ne dément pas monsieur Moreau-Chevrolet en affirmant qu’une « tribune de médecins s’avère aujourd’hui plus déterminante qu’un mois de lobbying au Parlement. Le fait d’être majoritaire ne suffit plus à faire la loi en France ». [...]

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