Skip to content

DES NOIRS, DES CHAÎNES, DU BLACK METAL

Par

Publié le

3 juillet 2018

Partage

metal

[vc_row][vc_column][vc_column_text css= ».vc_custom_1530601500830{margin-right: 25px !important;margin-left: 25px !important;} »]

Zeal and Ardor est un projet musical mêlant gospel et black metal: pari osé, métissage réussi.

 

Manuel Gagneux est un jeune musicien suisse que l’on rencontre dans le sous-sol sombre d’un bar parisien dédié au metal, où il est installé pour défendre le deuxième album de son projet Zeal and Ardor, une surprenante hybridation de black metal et de musique gospel. Exprimée de la sorte, la recette semble pour le moins improbable… Pourtant, il se trouve que le mariage fonctionne. L’accouplement initial doit tout au hasard, puisque l’idée est partie d’une blague : « Quand j’étais plus jeune, j’allais sur 4chan, et je demandais aux gens de me donner deux genres musicaux différents, puis je composais une chanson qui les mêlait. Un jour, quelqu’un me dit: “Musique de nègres et black metal”. Au lieu de récriminer contre cette formulation raciste, j’ai composé en suivant la contrainte, et cela a donné les prémisses de Zeal and Ardor ».

 

 

Poussant le concept, Manuel Gagneux va jusqu’à envisager une uchronie où les esclaves noirs américains, au lieu de trouver en Dieu la force de surmonter leurs souffrances, se tournent vers Satan et laissent exploser leur colère. Terrifiante perspective qui se trouve adaptée, avec sa nuance exotique, aux climats apocalyptiques cultivés au sein du black metal. Pour le reste on demeure essentiellement dans un folklore outrancier et post-romantique, puisque quant à lui Gagneux ne se définit ni comme sataniste, ni comme religieux, quoique non dénué d’intérêt pour les choses spirituelles. Un individu post-moderne classique, en somme.

 

Un projet marqué au fer rouge

 

Si tout est parti d’une blague pour Zeal and Ardor, le groupe n’en parvient pas moins à être programmé cette année au Hellfest. Pour la scène, Manuel Gagneux a d’abord demandé à des amis de l’aider, pour un concert ou deux, mais le dépannage dure maintenant depuis quatre ans. Le nouvel album est encore plus désespéré que le précédent, qui ne respirait déjà pas franchement la joie. Lorsqu’on lui en fait la remarque, la réponse du compositeur est immédiate : « Merci ». Puis il poursuit: « Ma vie à moi s’est améliorée, mais le climat politique empire, et il est difficile d’être empli d’espoir ».

 

Lire aussi : Entretien avec Simone Salvatori leader du groupe Spiritual Front

 

Si nous n’avons sans doute pas les mêmes raisons que lui de désespérer du climat, nous ne pouvons cela dit qu’acquiescer. Stranger Fruit (intitulé ainsi en référence à la chanson de Billie Holiday) est un disque plus abouti, où l’on sent l’influence de groupes tels que The Mars Volta ou Emperor. L’esthétique du projet est léchée, la production soignée, le tout néanmoins brutal et froid comme l’exige le genre. La musique reste organique, Gagneux dédaignant les apports technologiques, et préférant opérer des choix plus contraignants mais qui respirent l’authenticité. Ainsi celui d’employer deux choristes sur scène, à une époque où tout le monde se contente d’utiliser des chœurs sur bande.

« C’est plus compliqué et plus cher de partir en tournée avec deux choristes, mais utiliser des bandes aurait été contraire à l’esprit du projet ». Et comme dans le black metal, on ne fait jamais les choses à moitié, certains fans savent se montrer jusqu’au-boutistes, au moins huit d’entre eux s’étant fait marquer le logo du groupe au fer rouge, cette prestation étant en effet offerte à leur stand de merchandising. Ce choix n’en laisse pas moins Manuel Gagneux dubitatif, la marque au fer rouge étant la marque des esclaves. Cette question du choix, notamment celle de se tourner vers le bien ou le mal au plus fort des épreuves de l’existence, demeure la vraie perspective morale et métaphysique ouverte par un projet lancé par une blague, mais moins potache, au fond, qu’il n’y paraîtrait.

 

[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

EN KIOSQUE

Soutenez l’incorrect

faites un don et défiscalisez !

En passant par notre partenaire

Credofunding, vous pouvez obtenir une

réduction d’impôts de 66% du montant de

votre don.

Retrouvez l’incorrect sur les réseaux sociaux

Les autres articles recommandés pour vous​

Restez informé, inscrivez-vous à notre Newsletter

Pin It on Pinterest