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Gares et aéroports, ces déserts gastronomiques

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Publié le

3 juin 2022

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Il ne fait pas bon avoir faim en voyage tant les gares et les aéroports sont des déserts gastronomiques. Même les autoroutes font mieux niveau restauration.
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Il ne fait pas bon avoir faim en voyage tant les gares et les aéroports sont des déserts gastronomiques. Des lieux de passage, sans plus, faits pour demeurer debout, le ventre creux. Ici et là bien sûr, les chaines internationales vendant cafés, sandwichs, macarons, burgers ; il y a en apparence pour tous les goûts, si seulement ces produits avaient quelque saveur. Des marques qui proposent des ambiances ripolinées, passées au tamis de lumières blafardes et de néons puissants. Pas de quoi avoir envie de manger. Les plus pressés peuvent se fournir en sandwichs plastifiés, enveloppés dans leur sarcophage de synthèse. Des sandwichs où l’on paye davantage la location du mètre carré de la gare que l’épaisseur de la tranche de jambon et de la sauce césar. Rien de plus triste qu’une gare, où les rares bancs disponibles sont sur les quais. Ceux qui ont quelque chose à manger doivent le faire debout, impossible de s’asseoir.

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Les wagons-restaurants sont d’une tristesse à fuir, sauf à être nostalgique du sandwich SNCF, mélange de plâtre et de tranche de fromage à mâchouiller longtemps. Un moment même, pour nous sauver, il fut interdit de manger et de boire dans les trains et peu de monde y trouva à redire. N’allez pas sortir une baguette et une tranche de pâté, vous risqueriez d’effrayer votre voisin, surtout si vous avez le malheur de vous servir d’un Opinel genre boy-scout en vacances. Déserts gastronomiques, interdit de savourer, impossibilité de se restaurer. La gare de Lyon sauve l’honneur avec son mythique Train bleu. Certes les prix de la carte le rendent inaccessible aux petites bourses, mais au moins peut-on rêver à ses décors peints, ses nappes en coton, son plafond d’or et ses couverts d’argent. La nouvelle gare Saint-Lazare a accueilli le chef Éric Frechon qui y a installé sa brasserie au décor soigné et à la cuisine juste. C’est bien l’un des rares lieux où il est agréable de boire et de manger avant de prendre son train. 

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Arrêt autoroute. Les autoroutes font mieux niveau restauration. Force est de reconnaitre que les chaînes ont élevé leur niveau et accompli des efforts notables pour proposer des plats potables et parfois agréables. Le travail des architectes a permis d’inclure ces aires de repos dans leur environnement, avec souvent de larges murs vitrés qui laissent voir la campagne et, selon les saisons, les vaches, les fleurs, la neige. Le décor y est beaucoup plus champêtre et agréable que dans les gares, ce qui ne peut qu’accroître le plaisir de déjeuner dans ces lieux qui sont surtout destinés à voir du passage. Mais justement, le restaurant de gare devrait être un bref lieu d’arrêt et de repos. Le voyageur peut aussi tenter l’aventure en sortant de la gare et en explorant les environs à la recherche d’une brasserie ou d’un troquet convenable. Entre quelques tacos, kebabs ou sushi, il est parfois possible de dénicher la perle rare. Nous ne demandons rien de bien extravagant, seulement pouvoir s’asseoir et se restaurer d’un plat simple. Mais visiblement, dans ces déserts gastronomiques, c’est un luxe.

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