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Donald Trump à la reconquête de la ménagère américaine

Le segment électoral de la ménagère est crucial pour le parti républicain : les militants ciblent les femmes dans les quartiers pavillonnaires et tentaculaires. Reportage au Texas à la rencontre des « Karen », ces ménagères américaines tentées par le vote Biden.

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© Alexandre Mendel pour L’Incorrect

De loin, ça pourrait ressembler à une réunion Tupperware. Même atmosphère cosy, et presque le même public. La maîtresse des lieux, Stephanie Perdue a préparé des cookies et du thé glacé, ce thé ultra-sucré et presque sirupeux dont raffolent les Texans qui le versent au moyen de grandes cruches à toute heure de la journée. Une de ses amies débarque en retard avec des bannières et des fanions aux couleurs de son champion. Mais c’est le mannequin en carton en taille réelle de Donald Trump qui amuse le plus cette bande de copines. Le plan de bataille est dressé sur la table de la cuisine : telle maison est à visiter en priorité, tel secteur compte tant d’indépendants, tel voisin est enregistré chez les Démocrates.

Bienvenue au « Victory Block Walk », une sorte de porte-à-porte organisé dans le voisinage d’une militante, généralement une mère de famille, dévouée à la cause républicaine et en particulier à celle de son président, en mauvaise posture dans les sondages et notamment chez les suburban women, ces femmes de banlieue qui font ou défont une élection depuis les années 1980. Ces épouses, mères, ou femmes célibataires, dont tous les spécialistes disent qu’elles sont modérément conservatrices, moins à droite que les hommes : bref, qui veulent bien l’ordre, soutiennent l’Église, mais sans les dérapages verbaux de l’ex-présentateur de « The Apprentice », devenu chef d’État. Law and order, loin de la chienlit des grandes villes dirigées par les démocrates, tel est leur mot d’ordre.

Dehors, et malgré deux orages tropicaux par jour arrosant le nord-est du Texas, il fait une chaleur de plomb. Même les cactus semblent souffrir. L’ombre est rare à Crowley, une petite ville coquette de 13 000 habitants, en banlieue sud de Fort-Worth, perdue dans la gigantesque « Metroplex » qui comprend Dallas et qui en fait la quatrième agglomération du pays. Ici, on vit en terrain climatisé huit mois par an. Dans ce méandre urbain, quand on doit se rendre à l’extérieur, même pour 300 mètres, on le fait en voiture, l’air conditionné poussé au maximum de ses possibilités. [...]

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