À force d’admirer en Bruce Bégout l’auteur de nouvelles fantastiques, nous avions oublié qu’il était d’abord philosophe, ou plus exactement phénoménologue. La thèse de cet ouvrage est simple : « l’homme vit continuellement au sein d’ambiances ». Or, le concept d’ambiance reste insaisissable par la pensée traditionnelle, laquelle, dualiste, ne peut appréhender sa tonalité affective, sa nature à la fois enveloppante et pénétrante, expressive et évanescente.
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Bégout ose explorer ce monde immanent et pré-logique, sol premier de toute expérience humaine. Son approche « mersive » a pour but une « mise au jour du fond océanique et pré-dualiste du monde ». Elle n’est pas spéculation gratuite : il s’agit, sur cette base, de poser un nouveau cadre théorique permettant la reconnaissance d’une certaine présence affective au monde, et à l’homme de renouer avec son environnement. Une aventure philosophique qui est aussi un bel éloge de la « vacuité ». Un grand traité d’écophénoménologie.

Seuil, 404 p. – 25 €





