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[Enquête] Immigration et délinquance : les chiffres qui fâchent

L’insécurité n’est plus un sentiment. Chaque jour la France brille par sa litanie de violences en tout genre, un ensauvagement systémique car intrinséquement lié à l’immigration. Enquête.

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© Maxim Hopman – Unsplash

« La France, ce n’est pas un coupe-gorge », déclarait le ministre de la justice Éric Dupond-Moretti en août 2020. Ne lui en déplaise, il n’est pourtant plus un jour en France sans sa litanie morbide et interminable de violences, d’agressions et de crimes en tout genre. Un fait divers qui se répète quotidiennement n’est plus par définition un fait divers, mais un véritable phénomène de société : l’insécurité est structurelle.

En 2021, le nombre d’homicides en France s’élève à 1 026. Comparée à ses voisins européens, la France se situait en 2018 dans la moyenne haute (1,16 tentative d’homicide pour 100 000 habitants, chiffre dont on sait qu’il est sous-évalué car les « agressions menant à la mort » ne sont pas prises en compte), loin devant ses voisins occidentaux (Italie à 0,57) et nordiques (Norvège à 0,47), mais dépassée par l’Europe de l’Est et des Balkans (Monténégro à 2,09). Pour mesurer cette flambée des violences, le criminologue Alain Bauer a créé un indicateur : « l’homicidité », qui réunit les règlements de comptes entre malfaiteurs, les homicides à l’occasion de vols, les autres homicides, mais aussi les tentatives d’homicides à l’occasion de vols et les autres tentatives d’homicides, ainsi que les coups et blessures volontaires suivis de mort et les homicides contre enfants de moins de 15 ans. Le total de ces faits, d’après les chiffres du service statistique du ministère de l’Intérieur, ne cesse de flamber depuis 2010 après une longue décrue : de moins de 2 000, il a atteint pour la troisième fois un niveau supérieur à 4 000 (4 209 en 2019, 4 472 en 2020 et 4 386 en 2021).

Il y aurait en France plus de 100 agressions par arme blanche par jour, et près d’une agression physique ou sexuelle toutes les 29 secondes

Et cette homicidité n’est que la face cachée d’une violence qui ne cesse de croître partout. Il y aurait en France plus de 100 agressions par arme blanche par jour, et près d’une agression physique ou sexuelle toutes les 29 secondes (qu’il y ait plainte ou non). Les atteintes aux personnes ont bondi de +12 % en 2021 pour s’établir à 306 700, soit une hausse de plus de 30 % depuis 2017.

Un lien évident entre flambée de violences et immigration

Le lien entre cette flambée des violences et l’immigration est évident : alors que la population étrangère s’élève à 7,6 % de la population totale d’après l’Insee en 2021, le ministère de la Justice dénombrait en octobre de la même année 24,5 % d’étrangers dans les prisons françaises (soit 17 198 détenus). Parmi ceux-ci, d’après l’Institut pour la Justice (IPJ), 54 % viennent d’Afrique et du Maghreb et 33 % sont de nationalités européennes, essentiellement d’Europe de l’Est. Au-delà des prisons, les étrangers sont surreprésentés dans toutes les catégories de crimes et de délits, d’après les chiffres du ministère de la Justice. Ils représentent 14 % des auteurs de crimes et délits à caractère sexuel, 14 % des coups et blessures volontaires, 17 % des homicides, 18 % des vols avec armes, 30 % des vols sans violence et 31 % pour vols violents avec arme. « Proportionnellement, les étrangers sont donc de 1,08 à 4,2 fois plus nombreux que les Français selon les catégories pénales », concluait dans Le Figaro Pierre- Marie Sève, directeur général de l’IPJ.

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Par rapport à la moyenne des étrangers, les Africains du nord et du Sahel sont de nouveau surreprésentés. S’ils représentent 3,2 % de la population totale en France, ils sont les auteurs de 9 % des homicides et des crimes et délits à caractère sexuel, 10 % des coups et blessures volontaires, 13 % des vols avec armes, 21 % des vols sans violence et 25 % des vols violents sans arme. 75 % des mineurs déférés devant le Parquet de Paris sont d’origine étrangère.

Il faudrait encore, pour être exhaustif sur le lien entre immigration et insécurité, dépasser la seule question des étrangers pour y ajouter la part des Français issus de l’immigration impliqués dans ce genre de méfaits, des chiffres qui n’existent malheureusement pas mais que l’on peut approcher par différents biais. Ainsi, dans Le Déni de la culture, Hugues Langrange expliquait que les enfants issus d’une famille originaire du Sahel étaient 3 à 4 fois plus susceptibles d’être impliqués dans des délits que les adolescents élevés dans des familles autochtones. Dans son livre Prisons de France, le sociologue Farhad Khosrokhavar démontrait qu’entre 40 et 60 % des occupants des prisons sont de religion musulmane, alors que la part de musulmans dans la population globale est estimée selon les études entre 8 et 14 %.

Les villes grand-remplacées dans le top 20 des villes les plus dangereuses

La géographie de la violence permet du reste de raffermir encore ce lien avec l’immigration, car elle recoupe à bien des égards celle du grand remplacement (que l’on peut établir via la part des immigrés extra-européens ou d’individus de 0-18 ans vivant avec au moins un parent immigré d’origine extra-européenne, d’après les données France stratégie 2015). Ainsi, dans le classement 2021 des villes les plus dangereuses (crimes et délits) établi par villes-data.com d’après les chiffres du ministère de l’Intérieur, figurent assez naturellement les grandes métropoles (Paris, Lyon, Marseille, Nantes, Nice, Lille, etc). Derrière elles, ce sont les villes grand-remplacées qui tiennent le haut du pavé, avec une surreprésentation des communes de Seine-Saint-Denis : Saint-Denis (grand- remplacé à 67 % d’après les chiffres France stratégie), Orly (52 %), Aubervilliers (70 %), Villeneuve la Garenne (61 %), Roubaix (40 %), La Courneuve (74 %), Pantin (57 %) ou Saint Ouen (55 %). En tout et pour tout, si elle n’est pas l’apanage des étrangers ou des Français issus de l’immigration, l’insécurité est très clairement alimentée par les flux migratoires, au temps court et au temps long.

Ce n’est pas l’immigration mais la pauvreté, rétorque la gauche par matérialisme et aveuglement civilisationnel. L’objection ne résiste pourtant pas à l’épreuve des faits

La pauvreté ? Non !

Ce n’est pas l’immigration mais la pauvreté, rétorque la gauche par matérialisme et aveuglement civilisationnel. L’objection ne résiste pourtant pas à l’épreuve des faits. Primo, car le lien entre pauvreté et insécurité n’est pas automatique : la Creuse, qui était l’un des départements avec le plus grand taux de pauvreté (18,7 %) en 2018, a l’un des taux de cambriolage moyen (2,7 pour 1 000 logements) et de coups et blessures volontaires (2,2 pour 1 000 hab) entre 2015 et 2019 les plus faibles de France. À l’opposé, toute la couronne parisienne subit une violence particulièrement élevée, même dans les départements plus aisés (Yvelines ou Seine-et-Marne).

Deuxio, parce que si le taux de pauvreté en Seine-Saint-Denis est effectivement très élevé (28,4 %), il faudrait d’abord pondérer ce chiffre par les ressources tirées de l’économie parallèle. Le seul trafic de drogue générerait un chiffre d’affaires de 2,7 milliards d’euros en France par an d’après l’Insee. On considère qu’un milliard revient à la Seine-Saint-Denis, où 100 000 personnes (6 % de la population) vivraient du trafic de cannabis d’après les calculs de l’économiste Nacer Lalam. Dans un entretien pour Boulevard Voltaire, le criminologue Xavier Raufer considérait même qu’« avec l’économie souterraine, la Seine-Saint-Denis est le deuxième département le plus riche de France ». Des trafics en tout genre qui alimentent du reste l’insécurité : pour protéger leur zone de non-droit, les réseaux de mafieux s’en prennent aux forces de l’ordre qui tenteraient d’intervenir (+ 40 % de violences entre 2009 et 2019), et versent allègrement dans les règlements de compte (90 % de la centaine de règlements de compte annuels est lié au trafic de drogue).

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Du reste, ces « quartiers défavorisés » sont arrosés d’argent public. Ainsi, dans Fracture française, le géographe Christophe Guilluy cite les travaux du sociologue Dominique Lorrain, qui a comparé les investissements publics entre le quartier des Hautes-Noues à Villiers-sur- Marne et un quartier de la périphérie de Verdun, entre la banlieue et la France périphérique. Quoique plus aisé et mieux équipé, le premier faisait l’objet d’investissements mille fois plus importants que le second (12 000 €/hab contre 11 €). Plus généralement, un rapport du Conseil d’État de 2020 précisait que l’État consacrait à la politique de la ville « environ 10 Md € chaque année, auxquels s’ajoutent les financements de la rénovation urbaine et les dépenses difficilement mesurables que lui affectent les collectivités territoriales concernées », destinés à 5,4 millions de personnes résidant dans les 1 514 quartiers désignés. Décidément la délinquance, ça rapporte !

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