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Europe 1 : Patrick Cohen à la rescousse

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Publié le

1 juillet 2021

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L’horreur, quasiment le nazisme : la droite s’exprime. Alors que CNews prend de plus en plus de place dans le monde médiatique et que son propriétaire débarque à Europe 1, la gauche tremble. Heureusement pour elle, Patrick Cohen arrive à la rescousse. Article tiré de l’Incotidien.
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Comme vous le savez, chers avides lecteurs, l’influence de Vincent Bolloré sur Europe 1 va en s’accroissant. Le mec est devenu actionnaire principal de la radio, par l’intermédiaire du groupe Lagardère qui la possède. Or Bolloré est aussi propriétaire de CNews, qui a connu sous son impulsion depuis plusieurs mois une droitisation sensible, avec notamment Face à l’info, la grand-messe quotidienne de Zemmour, mais aussi le talk-show de Pascal Praud, L’heure des pros, fréquentés par de nombreux éditorialistes conservateurs, comme le journaliste du Figaro Ivan Rioufol, celle de Valeurs Actuelles (et regrettée ancienne de L’Incorrect) Charlotte d’Ornellas, ou la directrice de Causeur, Elizabeth Lévy. Or la direction d’Europe 1 a annoncé que des rapprochements auraient lieu entre la rédaction de la radio et celle de la chaîne d’information en continu. La perspective qui effraie la gauche médiatique, au premier rang de laquelle figurent les journalistes d’Europe 1, est celle de la création d’un vaste empire médiatique conservateur sous l’égide de l’ancien patron de Vivendi.

Lire aussi : Pourquoi les gentils sont-ils de gauche ?

Ces craintes sont à relativiser, car si la droite peut s’exprimer sur CNews, elle n’y est pas hégémonique, et des contradicteurs de gauche sont toujours présents face à ses figures. Une grève des journalistes d’Europe 1 a eu lieu du 18 au 23 juin, dans le but de protéger leur indépendance malgré l’emprise renforcée de Vincent Bolloré sur la radio. Elle a été assez largement suivie, et certains chroniqueurs d’Europe 1 l’ont soutenue à l’antenne, comme l’imitateur Nicolas Canteloup ou l’humoriste Anne Roumanoff. Dans la continuité de ce mouvement avait aujourd’hui avait lieu aujourd’hui un rassemblement devant les locaux d’Europe 1 organisé par la SDR (société des rédacteurs) de la radio. Et un orateur hors-du-commun a élevé la voix pour dire NON ! à la dictature fasciste.

Bon, il faut déjà que je vous décrive la scène, c’t’un plaisir qui se déguste avec les mirettes. Le ciel gris de la rue des Cévennes dans le maussade 15e arrondissement, une volée de marche en haut de laquelle se pavaner, quelques micros qui se tendent complaisamment et, à une distance respectable, le public des journalistes d’Europe 1 mobilisés. L’homme qui tient le crachoir, c’est évidemment Patrick Cohen, qui présente chaque jour sur la station le sacro-saint journal de la demi-journée à 12h30. Autant dire que Patou c’est pas n’importe qui chez Europe ! Il se redresse, un bidon anarchique boursoufflant douloureusement son pantalon et sa chemise, et débute de sa voix monocorde et de son charisme invisible. « Si je devais résumer ce qui nous rassemble aujourd’hui, c’est une conception de l’information, une éthique de responsabilité (a-t-il déjà ouvert un livre de Max Weber?) vis-à-vis de la société » fait-il tomber depuis ses épaules abattues, qui dominent mal une silhouette amollie, privée du moindre zeste de vigueur. « C’est pas une question d’orientation politique, c’est pas une question de droite-gauche  » nous rassure-t-il cependant. Il en rajoute une couche dans l’apaisement : « Toutes les opinions sont respectables quand elles sont étayées par des faits ». Gardez ça en tête, ça va nous resservir.

Bon, il a été bien gentil avec nous, donc après forcément la douloureuse arrive. « Mais le modèle qui domine aujourd’hui […] cherche à produire des controverses, des fractures, à dresser une partie de la France contre l’autre […] C’est ça que nous refusons ». Bah merde les gars. Patrick il respecte toutes les opinions, à condition d’être d’accord avec. Et pourtant il vient de dire que si une opinion était « étayée par des faits », elle était respectable. Or, si on peut accorder quelque chose aux vilaines opinions qu’il accuse de diviser les Français, c’est d’avoir la réalité de leur côté. La réalité de la criminalité, du terrorisme, de la partition de certains territoires français, de la radicalisation religieuse d’un large part des musulmans français, bref, la réalité toute entière. Alors faudrait savoir, Patrick. Quand a-t-on le droit d’exprimer une idée ? Quand tu lui donnes le feu vert ? Quand, déclamée devant Caroline de Haas, elle lui fait pousser moins de trois boutons d’acné ? Saint-Just peut dormir tranquille, pas de liberté pour les ennemis de la liberté. Bref, nous respecterons plus la gauche quand elle assumera de vouloir entrer contre la droite dans un rapport de force pour la domination de la parole publique, et ne se parera pas d’une quelconque vertu supérieure. La vérité est que la gauche intellectuelle est effrayée de voir les thématiques de ses adversaires gagner de plus en plus de place dans la cité, et cherche à étouffer cet essor inexorable car appuyé sur la réalité dont il était question plus haut. C’est le jeu ma pauvre Lucette.

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