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Formation, réinsertion, conversion : sortir de prison par le haut

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Publié le

22 avril 2025

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En plus de la punition du crime, la prison a pour objectif, dans l’idéal, la réhabilitation du coupable. D’où le rôle fondamental de la formation professionnelle, de la réinsertion sociale et de l’accompagnement spirituel.
© Le père Benoît, aumonier à Fleury-Mérogis – capture d'écran du documentaire La Visite (2024).

La prison n’a jamais été une solution magique. S’il est nécessaire d’enfermer pour un temps les criminels, et dans de rudes conditions, afin d’expier leur crime, la prison n’offre aucune garantie future. La menace de l’emprisonnement ne suffit pas à empêcher le crime, ni celle d’un ré-emprisonnement à prévenir la récidive. Voyez plutôt : une étude portant sur 41 500 personnes sorties de détention en 2016 montrait que 31 % ont été à nouveau condamnés pour une infraction commise l’année suivant leur libération. À cinq ans, ce taux s’élève à 63 % : six sortants de prison en 2016 sur dix ont commis une nouvelle infraction sanctionnée par une condamnation ou une composition pénale enregistrée au Casier judiciaire national dans les cinq années, d’après une étude du ministère de la Justice en 2024. Autant dire que la récidive est encore plus élevée, si l’on considère ceux qui ne se sont pas fait attraper, ou qui ne sont pas encore passés à l’acte.

Si les places de prison manquent cruellement et que l’idéologie de certains magistrats fait des ravages, il existe donc un autre levier qui mériterait davantage d’investissements publics, en vue de gains futurs : la lutte contre la récidive. La chose est d’autant plus importante que les prisons sont des lieux d’aggravation des situations sociales – isolement, addictions en tout genre, troubles psychologiques, embrigadement par des réseaux criminels ou islamistes –, ce qui favorise tout naturellement la récidive. Sans quelques piliers solides comme la famille, le logement ou l’emploi, l’ex-criminel retombe vite dans ses travers. La prison doit donc être pensée non comme un espace d’enfermement temporaire des corps, mais comme un sas dynamique qui, en plus de la punition du crime, prépare une réinsertion réussie au bénéfice de la société, et de l’ex-prisonnier lui-même. Car la peine chrétiennement comprise, outre l’expiation du péché, a pour objectif la réhabilitation du coupable.

Le travail, c’est la santé

Fortes de ce constat, de bonnes volontés s’affairent. La formation professionnelle est le premier outil à leur disposition pour occuper les prisonniers en leur apprenant un métier, ce qui d’autant plus nécessaire qu’une majorité n’est pas qualifiée : 44 % n’ont aucun diplôme, et plus de 80 % ont un niveau inférieur au bac, d’après l’Observatoire international des prisons.

Henri* a travaillé pendant quatre ans pour une entreprise spécialisée dans la formation professionnelle des détenus. Prestataire du ministère de la Justice et des régions – qui décident des enveloppes financières allouées, d’où une grande disparité selon les choix politiques de chacun –, il a organisé ces formations dans une trentaine de prisons aux quatre coins du pays. « Quand les prisons savent que la région va lancer un appel d’offres, elles se positionnent en fonction de l’espace et du matériel disponibles, et choisissent si elles veulent développer un CAP boulangerie, un CAP hôtellerie, etc. » En plus du manque de moyens, ces formations, semblables à celles que l’on trouve à l’extérieur, sont très contraignantes à organiser, puisqu’elle suppose des déplacements de détenus, et tous les processus de sécurité qui vont avec.

 « Ceux qui gagnaient beaucoup d’argent avec le trafic de stups hallucinaient quand on leur disait le salaire qu’il allait toucher avec un vrai métier »

Henri, formateur professionnel en prison

Les objectifs divergent selon les centres de rétention. « Dans les maisons centrales, où les prisonniers sont condamnés pour de longues durées, les formations leur permettent d’apprendre à exercer un métier dans la prison. C’est essentiellement fait pour les occuper. Il y a par exemple des formations pour devenir bibliothécaire », détaille Henri. Environ 31 % des détenus travaillent en prison, selon des modules divers : le service général (maintenance et entretien de la prison), les ateliers de l’Agence du travail d’intérêt général et de l’insertion professionnelle (menuiserie, métallerie, confection, etc.) ou le travail en concession (réalisé pour le compte d’entreprises privées). Ils peuvent aussi travailler pour leur propre compte ou pour une association. Au contraire, « dans les maisons d’arrêt, qui reçoivent les prévenus en détention provisoire et les condamnés à une peine n’excédant pas deux ans, c’est plutôt dans le cadre d’une réinsertion future, avec des formations consacrées aux métiers porteurs : les métiers de bouche, l’hôtellerie, le nettoyage, etc. »

Beaucoup de demandes, peu de places

Malheureusement, les places sont rares : en 2018, seuls 15 % des détenus suivaient une formation professionnelle selon le ministère de la Justice. « Les détenus sont très en demande, affirme l’ex-formateur. Un, ça leur permet de sortir de leur cellule. En maison d’arrêt, ils ont une heure de sortie par jour alors que la formation, c’est six heures par jour, trois jours/semaine pendant trois mois environ. Deux, ça leur permet de voir des copains plutôt que les gars de chambrée. Trois, c’est tout bénéfice auprès du juge d’application des peines, puisque ça montre qu’ils sont calmes et sérieux. Ils peuvent aussi espérer un aménagement de peine s’ils sont diplômés, par exemple une semi-liberté pour effectuer des stages à l’extérieur, et pourquoi pas être embauché à terme. » De là, l’enthousiasme des prisonniers : « Ils sont contents de venir, ils se tiennent généralement à carreau, ils sont plutôt agréables et assidus. Et ils bossent : on avait une majorité de diplômés à la fin, alors que les jurys ne font pas de cadeaux. »

Ces formations ont l’avantage de redonner au prisonnier le sens des réalités. « Ce qui m’a le plus frappé, c’est qu’ils prennent conscience de la valeur de l’argent, raconte Henri. Par exemple, ceux qui gagnaient beaucoup d’argent avec le trafic de stups hallucinaient quand on leur disait le salaire qu’il allait toucher avec un vrai métier. » Mais de là à dire que ces formations, par-delà le côté utilitaire, sont l’occasion d’une réforme intérieure, difficile à dire. « Ce qui est impressionnant en tout cas, c’est de voir certains types très costauds, des gangsters à l’ancienne, devenir de petits enfants apeurés face au jury. »

Un métier à haut risque

On l’imagine, formateur est une profession à haut risque. Chargé de leur recrutement, Henri cherchait des profils bien particuliers. « En plus de leurs compétences de formateur, ils doivent avoir la tête dure et de l’autorité. Mais il ne faut pas non plus qu’ils rentrent dans des combats de coqs. » Face à une vingtaine de détenus, les formateurs ne font pas le poids. « Il faut aussi être assez intelligent pour comprendre les détenus, qui ont en fait assez peur de la formation. Ce qu’on peut comprendre : ils viennent d’être jugés, on a repeint leur vie de A à Z, et là, ils se trouvent face à quelqu’un qui va juger leur travail. C’est dur pour eux. » Il poursuit : « On nous disait en avance si c’étaient des gens dangereux, et sur quel type de danger on devait faire attention, mais on ne savait pas ce qu’ils avaient fait. Typiquement, avec les terroristes revenus de Syrie, on nous disait de ne pas recruter une formatrice femme. »

Les formateurs doivent savoir affronter les provocations : « En tant que formateur, on sait qu’ils ont un passif. Parfois ils en jouent, parfois non. Par contre, ils testent tout le temps la limite. » Il faut donc poser des règles assez claires. « Le détenu a besoin d’une hiérarchie, et adapte ses comportements en fonction : il parle mal au surveillant, mais bien au directeur. Je venais donc pour introduire le formateur lors de la première séance, histoire de montrer aux détenus qu’ils doivent se tenir à carreau, sous peine d’être exclu. » Au final, ce métier ressemble fort à une vocation. « Certains formateurs adorent travailler en prison. Les relations sont très fortes avec les détenus, avec les surveillants, etc. D’un côté, il y a les bons samaritains qui veulent tout donner pour que les prisonniers s’en sortent. De l’autre, ceux qui sont là pour l’adrénaline, parce qu’ils aiment quand c’est un peu chaud. »

Les défis de la réinsertion

Après le temps des formations vient celui du retour à la vraie vie. Louise* travaille au Service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP), un service déconcentré à l’échelle départementale dont l’objectif est d’accompagner les anciens détenus pour favoriser leur réinsertion sociale. Un métier fondamental mais difficile, tant sur le plan humain que matériel. « En maison d’arrêt, on travaille dans l’urgence, on gère le flux et les capacités. Tout est automatisé, dicté par la date de fin de peine, et cela peut devenir très inhumain. » Même chose pour les autres établissements : « À Paris ou à la Santé, ça m’a marqué : on gère des situations très dures, et on manque cruellement de moyens pour accompagner les détenus comme il faudrait. »

Lire aussi : Prison : brigands des stups

Les défis de la réinsertion sont nombreux, et s’engendrent les uns les autres. « Quand ils sortent de détention, les anciens détenus se retrouvent souvent dans un cercle vicieux : sans travail, ils ne peuvent pas se loger et sans logement, ils ne peuvent pas travailler », résume la jeune femme. Le risque est que prison et précarité s’appellent l’un l’autre dans une sorte de ronde fatale.

Le défi du logement est prioritaire : où dormiront les sortants le soir de leur libération ? « Pour trouver un logement en sortant de prison, c’est presque mission impossible. Aucun propriétaire n’accepte de louer à une personne encore en détention. Souvent, ils doivent compter sur un hébergement par la famille ou un tiers. » Ce qui est d’autant plus difficile que la prison est le lieu d’une rupture sociale brutale : plus d’un cinquième des sortants de prison n’ont reçu aucune visite durant leur détention, et quatre sur dix n’ont bénéficié d’aucun soutien financier extérieur. « Certains profils, comme les jeunes issus de l’Aide sociale à l’enfance ou ceux en parcourent d’errance, sortent de détention sans rien ni personne. Ils étaient à la rue avant et ils y retournent après. C’est très compliqué », poursuit Louise. Les SPIP doivent aussi faire face à la soudaineté des remises de peine. « Parfois, les détenus obtiennent des réductions de peine automatiques ou passent en commission d’application des peines, et ils sortent beaucoup plus tôt que prévu, sans qu’on ait pu anticiper leur réinsertion. C’est le cas trois quarts du temps. »

Un casier lourd à porter

L’autre défi prioritaire, c’est l’emploi. Des études menées en Europe montrent que 70-85 % des anciens détenus sans travail retournent en prison, alors que ce taux chute à 15-33 % pour ceux qui occupent un emploi. Hélas, retrouver un emploi est loin d’être chose aisée : une enquête de l’association Citoyens et Justice datant de 2018 estimait que 91 % sont au chômage en sortie de détention après un an. « Sans un minimum de soutien extérieur, la réinsertion est très compliquée. On travaille avec des partenaires comme France Travail ou les missions locales, mais il n’y a pas de baguette magique », abonde Louise. « Le casier judiciaire présente un vrai obstacle. Même si les employeurs n’ont pas accès au casier B1, les mentions sur les casiers B2 ou B3 pénalisent lourdement les démarches pour trouver un emploi. »

Les SPIP gèrent aussi les peines en milieu ouvert, comme le port du bracelet électronique. « Pour le milieu ouvert, on enquête avant un aménagement de peine : on rencontre la famille, on vérifie le logement, on évalue les relations. C’est un travail soutenu, mais indispensable pour préparer une sortie encadrée, explique la jeune femme. Ensuite, la fréquence des suivis dépend de notre évaluation. Si une personne est dangereuse, on la voit toutes les semaines. Si elle est bien réinsérée, on peut espacer jusqu’à un rendez-vous tous les trois mois en fin de suivi. » Le suivi est en tout cas très strict : « Le bracelet électronique, c’est la prison à la maison. Les horaires sont très stricts : à 17 heures, ils doivent être rentrés, même s’ils travaillent. Il n’y a pas de largesse pour la vie sociale. Si une personne sous bracelet électronique ne respecte pas ses obligations, la sanction est rapide : l’incarcération peut tomber immédiatement. »

Le dernier défi est médical, avec le cas particulier des troubles psychiatriques qui toucheraient un quart des détenus. « La prison – notamment à la Santé – est devenue une poubelle des hôpitaux psychiatriques. On y place des personnes souffrant de troubles psychiatriques faute de place ailleurs, mais ce n’est pas une solution : en détention, ils ne sont toujours pas soignés, et à la sortie, il y a une rupture de traitement. C’est horrible pour eux comme pour nous, le personnel. On protège temporairement la société mais à leur sortie il n’y a souvent aucune prise en charge », conclut Louise.

Du sauvetage spirituel

Reste un dernier point qui, sans être matériel, est sans doute le plus crucial : la démarche spirituelle des prisonniers, indispensable étape à une complète rédemption. Car la prison, dont on peut croire qu’elle prive de tout, peut aussi être le moyen de redécouvrir l’essentiel, au détour d’une réflexion sur la justice, la culpabilité ou le pardon : celle de ce Seigneur doux et aimant qui nous appelle à nous sauver dans ses bras.

À son arrivée, chaque détenu remplit une fiche sur laquelle il peut indiquer sa volonté d’être visité par un ministre d’un culte ou d’assister aux offices. La liste de ces détenus est ensuite communiquée aux aumôniers, à qui incombe la lourde tâche de l’accompagnement spirituel. Selon le Code de procédure pénale, ils ont pour mission de « célébrer les offices religieux, d’administrer les sacrements et d’apporter aux détenus une assistance pastorale. Ils ne doivent exercer auprès des détenus qu’un rôle spirituel et moral. » L’Église catholique compte 760 aumôniers (dont 35 % de femmes), présents dans 190 établissements pénitentiaires, qui sont aussi bien des laïcs (65 %) que des prêtres (18 %), des diacres (10 %) ou des religieux (7 %). Agréés par une lettre de mission d’un évêque et formés à cet effet, ils animent la vie religieuse de diverses manières, selon leur habilitation respective, allant de la célébration de la messe à des rencontres personnalisées en cellule ou à l’animation de groupe de parole. Marie-Odile Cochet, aumônière de la prison d’Angers, détaille sa journée sur le site de la paroisse : « Je suis à la prison tous les dimanches matin pendant environ 2 h 30/3 h afin d’avoir un temps de répétition avant la messe, le temps du culte puis un temps d’échange. Nous assurons également une présence le jour de Noël. […] Je viens une à deux fois par semaine pour les entretiens individuels. Le vendredi après-midi est dédié aux groupes de parole. »

Les aumôniers sont parfois l’unique relation qui ne soit pas procédurale des prisonniers. Leur rôle, c’est avant tout d’être présent, et d’écouter

« La prison charrie un imaginaire qui rebute les gens. La prison où je me rends le week-end est entourée d’un mur, nu, austère, pensé par l’architecte pour être une rupture au cœur de la ville », confiait l’aumônier Pierre Téqui à L’Incorrect en 2023. « Ces murs constituent une barrière entre les mondes du dedans et du dehors. La mission de l’aumônier rejoint l’étymologie de “religion”. Il s’agit de “relier” ces deux mondes. Au cœur de la détention, nous sommes “signe d’Évangile” ; c’est-à-dire que nous venons rappeler à ces hommes retranchés de la société qu’ils n’ont pas été retranchés de l’amour et de la miséricorde de Dieu. » De fait, les aumôniers sont parfois l’unique relation qui ne soit pas procédurale des prisonniers. Leur rôle, c’est avant tout d’être présent, et d’écouter.

Des ténèbres à la lumière

Mais comment aborder ces coupables, dont les aumôniers n’ont pas accès au dossier judiciaire ? Dans le documentaire La Visite d’Élodie Buzuel, consacré aux aumôniers de Fleury-Mérogis, le Père Benoît explique : « Quand je rentre dans la cellule, j’essaye de me mettre en présence du meilleur qui habite [le détenu]. Ce qu’il a fait ne m’intéresse plus du tout. » Au cours des entretiens, ils découvrent de rudes réalités, desquelles il faut savoir se préserver. Le Père Benoît poursuit : « Il faut être dans la juste distance, et avoir dans ce cadre la relation la plus profonde possible. » Christine, elle aussi aumônière, dit se tenir aux côtés, et non du côté, des prisonniers : « Je pense très souvent aux victimes. Si ces messieurs sont là, c’est qu’ils ont fait des choses très graves, et que des gens ont eu leur vie détruite. Et cette pensée est insupportable. Certains en ont conscience, d’autres moins. » C’est quelque part entre la culpabilité et le déni qu’interviennent les aumôniers, pour accompagner les réflexions du prisonnier. « Ce sont eux qui font le travail intérieur, pas nous », conclut Christine.

Et quelques fois, la lumière perce les ténèbres. Une détenue sud-américaine, pincée pour trafic de drogue, témoigne dans ledit documentaire : « À mon arrivée en prison, j’étais vraiment mal, je ne l’acceptais pas. Mais avec le temps, j’ai commencé à lire la Bible bien plus qu’avant. Je la lis tous les jours parce que j’ai le temps. Si j’étais dehors, je ne le ferai pas en toute sincérité. Je remercie Dieu, parce que c’est Lui qui me donne la force de continuer. » Un autre détenu, après avoir cité la Bible – « Quand je marche dans la vallée de l’ombre de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi » – poursuit : « Ce n’est pas les barreaux qui empêchent le Seigneur de nous voir […]. La personne qui est crucifiée à côté de Jésus était un brigand, un voyou, un prisonnier, et il est monté au Ciel avec Lui. » Et s’interroge sur les chemins de la justice et du salut : « La prison, c’est la justice humaine. Mais est-ce qu’on est vraiment pardonné parce qu’on a fait de la prison ? Dieu s’en fout de la prison. »

Tous sont en tout cas unanimes : cette vocation assez exceptionnelle leur fait cheminer spirituellement autant que les détenus. Pierre Téqui résume : « Je me dis très souvent que les détenus m’évangélisent bien davantage que je le fais. Lorsque l’un d’eux demande le baptême, la cérémonie me bouleverse. Étant le témoin de leur parcours de foi, je suis aussi le témoin de l’action de Dieu au cœur de leur vie brisée. » Ce doit être la grâce de ceux qui répondent à l’appel des Écritures : « J’étais en prison, et vous êtes venus vers moi » (Matthieu 25 : 36).

* Les prénoms ont été changés

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