Skip to content

Gamelin, histoire d’un looser

Par

Publié le

24 février 2022

Partage

Faire d’un immonde perdant le héros d’une biographie : tel est l’objectif que s’est donné l’historien Max Schiavon.
gamelin

La défaite de 40, l’humiliation du pays, la porte ouverte au pétainisme, c’est lui. Peut-on imaginer anti-héros plus repoussant que le généralissime Maurice Gamelin ? Difficilement, et c’est tout l’intérêt de cette nouvelle biographie. De toutes les pestes qui ravagent la France depuis sa création, Gamelin incarne la plus nocive : le dirigeant grosse tête. Premier de la classe avec des capacités étonnantes en dessin, Gamelin entre à Saint-Cyr dans les premiers. Ses domaines préférés sont la philosophie et l’histoire militaire. Plus tard, il réussit le concours de l’école militaire. Sa grande intelligence lui confère une arrogance qu’il conservera toute sa vie : il est capable de résoudre seul les problèmes. À l’issue de 14-18, il est nommé général. Gamelin s’attache républicain, donc de gauche, et cultive ses relations. Les responsables politiques apprécient son esprit brillant et souple ; en d’autres termes, il n’a ni caractère, ni conviction.

Lire aussi : Mona Chollet ou comment le néo-féminisme sabote les connexions neuronales ?

Les orages d’acier sont loin quand en 1931 Gamelin devient chef d’État-major général, en charge de la défense du pays. Les Français rêvent de paix et de progrès social. L’urgence est de se protéger derrière la ligne Maginot qui ôte toute envie d’en découdre. Face aux provocations allemandes, Gamelin cultive les chimères: le front continu constitué en partie par la ligne Maginot est inviolable. Il est donc inutile de prévoir une force d’action rapide, pouvant contre-attaquer en cas de percée de l’ennemi. Cette vision à court-terme avait une vertu appréciable pour beaucoup : repousser à plus tard les décisions. Max Schiavon, spécialiste des élites militaires, narre avec talent cette course vers l’abîme. Gamelin fut une grosse tête prétentieuse et incompétente, un énarque casqué semblable aux premiers de la classe qui nous gouvernent. Le même goût pour les rêveries intellectuelles, la même impuissance face aux coups du destin. À quand nos orages d’acier ?


Gamelin, la tragédie de l’ambition de Max Schiavon
Perrin, 520 p., 25 €

EN KIOSQUE

Soutenez l’incorrect

faites un don et défiscalisez !

En passant par notre partenaire

Credofunding, vous pouvez obtenir une

réduction d’impôts de 66% du montant de

votre don.

Retrouvez l’incorrect sur les réseaux sociaux

Les autres articles recommandés pour vous​

Restez informé, inscrivez-vous à notre Newsletter

Pin It on Pinterest