Avec Le Penseur des prochains jours : Raymond Aron, ce que nous lui devons, le journaliste et historien des idées Alexis Lacroix, directeur de l’hebdomadaire Actualité juive et de la rédaction de Radio J, signe sa première biographie intellectuelle, et tente une approche novatrice en ce qui concerne Aron : révéler, au-delà de sa pensée politique, l’actualité toujours brûlante de son héritage intellectuel. Une tentative partiellement réussie. En effet, la force première du livre est de démontrer au lecteur l’influence déterminante de l’époque dans laquelle a vécu l’intellectuel sur sa pensée politique, géopolitique et philosophique.
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Sont entre autres passés en revue ses conflits avec la gauche (dont il vient), sa critique précoce du nazisme, mais également sa vision si singulière des relations internationales: une sorte de réalisme nuancé. Cette approche interdisciplinaire donne au lecteur une honnête vue d’ensemble du monument intellectuel qu’est Raymond Aron – quoique le texte verse un poil dans l’hagiographie. Néanmoins, l’organisation générale de l’ouvrage manque à certains endroits de cohérence, et la plume parfois de fluidité, ce qui nuit à l’ensemble. De plus, les interludes de l’auteur sur ses propres expériences semblent en décalage avec le projet initial.

ALEXIS LACROIX, Les Presses de la cité, 220 p., 22 €





