Il y a des épiphanies dans la sphère de l’élégance, c’est ce dont témoigne Mathieu Bock-Côté, en préface de l’essai d’Hugo Jacomet, l’intellectuel québécois décidant, à la suite d’une maladie et d’une perte de poids rendant impropre toute sa garde-robe, d’entrer chez un tailleur pour la renouveler, ce qui reviendra bientôt à entrer en religion, celle du goût sartorial, grâce à Hugo Jacomet, son prophète. Jacomet également a vécu, au mi-temps de sa vie, pareille révélation et il en détaille les lumières à travers ce traité composé avec passion et sans programme, rassemblant des textes publiés sur Parisian Gentleman, le blog qui le rendit célèbre et lui permit d’évangéliser un monde plongé dans les ténèbres du conformisme débraillé.
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Si l’élégance est une révélation, c’est parce que derrière les costumes trois-pièces, les nœuds de cravate et les chaussures lustrées se dévoilent de nouvelles perspectives sur les êtres et le monde. À se représenter d’une nouvelle manière, à honorer les autres, à rendre hommage aux circonstances, à force l’habit fait le moine, la pochette le gentilhomme, et on se sent tenu d’adapter l’éclat de sa conversation à celui de ses boutons de manchette. « Slow fashion » à l’époque de Shein, éloge du loisir supérieur à rebours du productivisme, politesse et style au sein d’une société toujours plus brutale, l’air de rien, la voie sartoriale prépare une résistance subtile et profonde au monde tel qu’il décline. On se met à raccourcir un ourlet et c’est toute une civilisation qui recommence.






