Allia continue de publier en rafales de petites bombes antimodernes d’où qu’elles proviennent : René Guénon avant l’été, mais le sociologue membre de l’École de Francfort (classée à gauche) Leo Löwenthal, en cette rentrée, avec ce texte fulgurant écrit en 1946. Löwenthal y pense la déflagration totalitaire au-delà de sa manifestation frontale au milieu du siècle dernier.
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Comment une certaine modernité tend à atomiser les personnes, autant que les anciennes formes de sociabilité en déconstruisant la famille, en opérant des déplacements massifs de populations, en désagrégeant les personnalités et en abolissant l’Histoire. En découle une humanité-zombie acharnée, pour survivre, qu’elle soit du côté des bourreaux ou de celui des victimes, à perpétuer le système qui l’a réduite à cet état. Ce que le laboratoire hitlérien a expérimenté sous une forme pure pourrait bien être, en version diluée, le poison qui nous tue. D’où l’urgence, toujours vive, de consulter un tel diagnostic.

Allia, 46 p., 3,20 €





