Lorsqu’en juillet 1861, Lincoln décide d’étouffer la rébellion sudiste, personne n’envisage la tragédie. Les armées du nord partent pour une promenade militaire afin de rétablir la légalité, tandis que le Sud est persuadé que le Nord n’osera jamais l’envahir. Vincent Bernard, spécialiste de la guerre civile américaine, débute son ouvrage par cet état des lieux consternant. Pourtant personne ne souhaite envenimer la situation : Lincoln refuse d’agiter le chiffon rouge de l’abolition de l’esclavage. L’union prime sur le sort des noirs ! De plus, certains États sont à la fois unionistes et esclavagistes.
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La stratégie de Lincoln consiste à isoler les boutefeux de la Sécession (la Caroline du Sud) pour rassurer les États qui hésitent à rejoindre la rébellion (Missouri et Kentucky). En 1861, les opérations militaires se résument à quelques escarmouches. Mais « après la bataille de Bull ’s Run, écrit Sherman, il n’y avait plus de place pour les illusions ». Vient la mobilisation totale dans laquelle le Sud peine à compenser son infériorité démographique. Qu’à cela ne tienne, les sudistes portent la guerre dans le Nord en 1862. Mais ces victoires ne sont pas suffisantes. À l’Est, les Fédérés brisent l’armée sudiste a Gettysburg. L’ouvrage très complet de Vincent Bernard conclut sur l’aspect exemplaire de la guerre de Sécession : elle fut le premier conflit contemporain à grande échelle. Une préfiguration des guerres « totales » du XXe siècle où nul n’est épargné.

Passés composés, 440 p., 24 €





