Dans un essai érudit et souvent drôle – quoique parfois verbeux – Pierre Cassou-Noguès parvient à élaborer des thèses originales sur un thème pourtant mille fois rebattu : l’interaction entre l’homme et la machine à l’ère du numérique. Sans jamais verser dans les caricatures apocalyptiques ou complotistes issues de la science-fiction, l’auteur déploie un discours critique et subtil sur l’arraisonnement de l’homme par la technique. Pour ce faire, il développe un argumentaire éclectique mêlant démonstrations philosophiques et expériences de pensée, tout en consacrant une large part de l’ouvrage aux exemples et applications empiriques.
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L’universitaire évite ainsi l’écueil d’un exposé strictement théorique et potentiellement éthéré – voire littéralement déconnecté – sur son sujet d’étude. Parmi les thèses susceptibles d’intéresser le lecteur, l’on peut notamment mentionner l’atomisation de la subjectivité individuelle – induite par l’assujettissement de l’homme aux flux numériques – ou encore le caractère synhaptique (sic) – plutôt que panoptique – des nouvelles formes de surveillance : « Il ne s’agit plus de tout voir » mais « de récolter des traces, […] dispersées dans l’espace et dans le temps, et de laisser la machine […] y déceler des paramètres pertinents qui permettront de prédire le comportement de l’individu ».

Seuil, 336 p., 23 €





