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Le 15 juin, l’Institut de Sciences sociales, économiques et politiques fêtait sa première année d’existence. L’occasion pour son président, Patrick Libbrecht, et sa directrice, Marion Maréchal, de tirer le bilan provisoire d’une aventure inédite. L’Incorrect y était.
Ce matin-là, il pleuvait à verse à Lyon. L’Issep est installée dans le quartier de Confluence, exemple parfait d’urbanisation gentrificatrice mondialisée. Les bâtiments contemporains ont beau être surmontés de panneaux solaires, leurs performances énergétiques ne suffiront pas à les disculper du délabrement programmé de leur revêtement chromé d’ici cinq ans. La présence de l’Issep au milieu de ce monde ne manque pas d’ironie, ni de sens : la synthèse politique de sa fondatrice, c’est le refus de la fatalité et la volonté d’être à l’offensive.
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Sans surprise, les journalistes présents pour la conférence de presse travaillent plus souvent pour la rubrique politique que pour la rubrique éducation. Ils suivent sans grande attention les discours de Thibault Monnier et Patrick Libbrecht. Au moment où Marion Maréchal s’installe au pupitre, ces deux-là ne peuvent réprimer un léger sourire : l’assistance s’est mise instantanément à mitrailler au reflex et à pianoter frénétiquement sur son téléphone. La directrice va louvoyer entre les questions pour garder son école au centre du sujet. Pour finalement prononcer le mot tant attendu : « L’Issep est un service rendu à la cité, et en ce sens c’est un projet politique mais au sens noble du terme ».
https://twitter.com/ISSEP_Lyon/status/1134474480020054016
Le bilan de la première année de l’Issep est difficile à apprécier, parce qu’il obéit d’abord au temps académique. Les démarches pour faire reconnaître le diplôme sont longues. L’Issep est reconnu établissement d’enseignement supérieur privé par l’État mais ne délivre pas de master. En attendant cette reconnaissance, l’institut mise sur l’insertion professionnelle de ses élèves et cultive avec soin son réseau d’entreprises, parmi lesquelles, selon un cadre, on trouve « une multinationale industrielle, plusieurs PME, des administrations, des rédactions, des associations, et des cabinets. Ce réseau est l’un des principales réussites de l’école. Beaucoup de communes divers droite sont très intéressées par le profil des étudiants ». Une association réciproquement profitable : les élèves rejoignent un poste opérationnel où ils seront immédiatement responsabilisés ; les mairies, elles, sont ravies de compter avec des collaborateurs cultivés et dynamiques, qui ne seraient pas arrivés là naturellement ; et l’école trouve un débouché à ses élèves.
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L’entière promotion de première année de magistère poursuit en seconde année, signe que la formation convainc. Autre motif de satisfaction, le réseau international de l’Issep : Italie, Espagne, Russie, et un voyage programmé aux États-Unis.
L’entière promotion de première année de magistère poursuit en seconde année, signe que la formation convainc.
L’Issep, ce sont deux vitesses d’apprentissage : un magistère et une formation continue. Au menu : approfondir ses connaissances en sciences-politiques, en histoire, en technique de prise de parole, en marketing, en philosophie… et officieusement se constituer un réseau. Tout bénéfice pour Erik Tegnér, élève en formation continue, qui y a trouvé des troupes supplémentaires pour son mouvement Racines d’avenir. Au point de lancer une antenne locale à Lyon pour la rentrée.
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Dans le groupe qui écoute avec attention un journaliste de L’Incorrect venu parler d’histoire des idées, la diversité des profils n’est pas feinte. Le plus jeune sort à peine du lycée, et le plus âgé est un professeur frôlant la cinquantaine. Ils viennent d’études d’ingénieur, de lettres, de la santé ou de filières technologiques. Cette diversité résulte d’une volonté délibérée de l’école, qui souhaite se prémunir contre tout entre-soi sociologique. La formation n’est pas abstraite : chaque étudiant a un « business case », autrement dit une étude de cas à réaliser, comme l’analyse électorale d’un territoire, la composition de la bibliothèque de l’école, un état des lieux de l’abbaye de Sénanques ou une étude de produit… L’Issep est un projet à long terme. Parmi les volontés de sa direction, ouvrir une licence d’ici cinq ans, et lancer un département de recherches.
L’Issep est un projet à long terme.
Au moment de clore cette année, Thibault Monnier prononce un petit discours. Les élèves le remercient. « Et maintenant, la question qui tue : qui va le mettre sur son CV ? » crie l’un d’eux. Rires. Un peu amers chez certains. La qualité de formation les a satisfaits, mais ce sera une épée à double tranchant. « Ou un atout, ou un risque. Mais justement, on en a marre de cette situation. Cet énervement nous motive pour changer les choses ». Les élèves organisent une ultime soirée ensemble. Pas pressés de se quitter, pressés de se revoir.
Louis Lecomte
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