Mélenchon est d’abord la voix des quartiers. En caressant dans le sens du poil les Français musulmans, il espère séduire cette réserve de voix qui lui a fait défaut en 2017: les fameux 600000 voix qui lui manquaient pour devancer Marine Le Pen. Depuis 2017, Mélenchon n’y va pas de main-forte pour séduire cet électorat, quitte à bafouer purement et simplement ses propres convictions, à commencer par la laïcité. Il faut dire que lorsqu’on s’appelle Mélenchon, les convictions, ça va, ça vient. Depuis 2017, Mélenchon ne peut plus faire semblant de contourner le problème. Il sait qu’il doit y aller à fond pour séduire les électeurs récalcitrants des cités HLM et des « zones perdues de la République ». « Le virage a été très net, nous raconte un ancien proche. Pendant son fameux discours de Marseille, en 2017, Mélenchon avait marqué les esprits avec cette punchline : “Le problème ce n’est pas l’immigré, c’est le banquier”. En 2022, il la répète… avec une légère différence : “Le problème ce n’est pas le musulman, c’est le banquier”. D’ores et déjà, on a compris à quel point il se tournait vers le clientélisme pur. »
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Traditionnellement, on le sait, les musulmans votent pour les candidats PS. C’est là une des victoires obtenues par François Mitterrand : en escamotant les problématiques sociales et ouvrières avec des questions sociétales et immigrationnistes, Mitterrand a fait du socialisme le parti de SOS Racisme. Le mantra « Touche pas à mon pote » est encore solidement ancré dans la culture française, et le vote musulman en découle naturellement. Jusque dans les années 2010. Malheureusement pour les boomers de la République, une génération remplace l’autre, et le jeune musulman français, en âge de voter, sait désormais à peine qui était Mitterrand. En revanche, le musulman est souvent un conservateur qui n’apprécie pas vraiment les inclinaisons du socialisme arc-en-ciel, avec ses dérives LGBT et son mariage pour tous. C’est cet électorat que Mélenchon veut récupérer à tout prix, et tant pis si cela implique une certaine schizophrénie. Il s’agit de le ferrer avant qu’il ne se tourne vers l’abstention, ou pire.
Les prises de position de JLM en faveur du monde musulman s’accumulent et font mouche, souvent relayées, comme le fait remarquer une note du renseignement territorial en 2022, par les imams eux-mêmes. Il faut dire que la ligne défendue par Mélenchon touche particulièrement les musulmans des cités: un peu de complotisme ici et là (on se souvient de ses sorties scandaleuses sur l’affaire Merah), beaucoup de dolorisme pro-palestinien, et beaucoup de victimisation. Alors que le débat s’hystérise durablement après chaque attentat, Mélenchon ne rate jamais une occasion pour se mettre du côté des musulmans opprimés, au nom de cette « islamophobie répugnante » qui gagne la France. Une stratégie qui fonctionne. À tel point que dans tous les milieux complotistes, voire « antisionistes », Mélenchon est le seul candidat qui trouve grâce. Même Alain Soral, patron historique des complotistes et agent d’influence au service de l’islam, lorsqu’il taille des croupières à toute la classe poli- tique, évite soigneusement de cibler Mélenchon.
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Ainsi, lorsque Mélenchon apporte publiquement son soutien, en 2017, à Salah Hamouri, cet avocat franco-palestinien inculpé en Israël pour avoir projeté de tuer le rabbin Ovadia Yosef, il sait parfaitement ce qu’il fait : derrière Hamouri, c’est le FPLP que soutient JLM, un mouvement palestinien qui fut proche de l’Union soviétique et qu’on sait aujourd’hui encore lié au FSB. Dernièrement, c’est par la voix du député Mathilde Panot, en pleine polémique sur le port de l’abaya, que LFI a enfoncé le clou, évoquant une « discrimination envers des jeunes femmes parce qu’elles portent des vêtements amples » (sic). Une manière, comme le rappelle l’hebdomadaire Marianne, de s’assurer définitivement la sympathie des pays du Golfe. Qui pourrait constituer un solide soutien pour une prochaine campagne présidentielle ?





