Le privilège de l’âge, se dit-on, mais surtout d’un talent supérieur. Parce qu’il faut quand même relever pareille gageüre ! À partir d’une question présumée absurde du bouddhisme zen, passant par les arbres mythiques et faisant une boucle sur la scène du Godot de Beckett, Jean Rouaud lance une méditation libre, extra-divagante, sur les scènes des évangiles répercutées sur les portails des cathédrales, répliquant aux quêtes bouddhiques, renvoyant aux références de l’Ancien Testament comme à mille autres. Folle intertextualité et invraisemblable fluidité de la chose, on se laisse transporter sur ce fleuve sans même s’en rendre compte, combien même ses sujets sont si graves, subtils, élevés, archaïques, atemporels, tant Rouaud nous charme avec son ton à la fois élégant, familier et badin. Exemplaire d’un certain génie français, l’écrivain parvient à rapatrier l’univers dans le charme d’une conversation de salon. […]
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