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Justin Bieber a changé ! Le mignon chanteur pour midinette aux bluettes pop inoffensives, qui avait fini par devenir une popstar imbuvable, laquelle, rongée par le succès et la drogue, crachait sur ses fans, et se battait avec un peu tout le monde (du moment que ses gardes du corps n’étaient pas trop loin), Justin Bieber, donc, a trouvé la lumière ! Il lui a fallu Purpose, son avant-dernier album, et une tournée éprouvante, tant mentalement que physiquement, pour que l’idole des (très) jeunes ne se décide à stopper net son tour du monde afin de se concentrer sur sa santé mentale.
TOI Y’EN A MIAM MIAM
C’est ainsi que le jeune chanteur a fait la rencontre de Carl Lenz, pasteur évangélique pentecôtiste dirigeant la Hillsong Church, cette paroisse des stars d’Hollywood. Et là : révélation! Justin Bieber avait, enfant, par l’influence d’une mère pieuse, baigné dans la religion, et c’est ainsi qu’il est retourné au nid. Un nouveau Justin Bieber a ainsi fait la rencontre de Hailey Baldwin, qu’il épouse après une relation expresse (Détail élégant: avant cela, il avait reconquis son amour de toujours, Selena Gomez, en brisant son couple pour la larguer un mois plus tard). Qu’importe : Justin Bieber a changé ! C’est lui qui l’affirme, la lumière de Dieu l’inonde et l’amour qu’il vit avec sa femme a fait de lui un homme resplendissant et positif. Il sort donc un nouvel album, que l’on imagine autant inspiré par ses récents déboires que par sa transfiguration. En larmes, il expliqua lors de la soirée d’avant-première comment le single Yummy était inspiré par la dévotion inconditionnelle qu’il porte à son épouse. « Oui tu as ce miam miam / ce miam miam / ce miam miam / oui tu as ce miam miam / ce miam miam », entame cette ode à l’être aimé. « Je suis un étalon / tu n’es pas dans une écurie / t’es pas une pouliche / t’es ma numéro 1 / à chaque fois que je viens / on le fait », poursuit-il, dans un vocabulaire amoureux à rendre Ronsard dispensable. Heureusement, Justin Bieber a bien écouté à la paroisse, où il a appris la nécessité de l’humilité : « Monte dans la Lambo, j’arrive / Des pantoufles aux pieds avec le sourire sur le visage / Je suis ébahi que tu sois mienne / Tu as ce miam miam / Ce miam miam / Tu as ce miam miam / Ce miam miam / Wow ». En effet.
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SAME SHIT, DIFFERENT DAY
On comprend rapidement à l’écoute du dernier opus qu’en fait non, Justin Bieber n’a pas changé. Il est le même chanteur pop pour midinettes et « frat bros » américains bodybuildés incultes et fiers de l’être. Il est toujours le niveau zéro de l’art, qu’importe le vernis de repentance qu’il étale afin de ne pas être grillé définitivement. Sans doute a-t-il vraiment souffert de son accès trop rapide à la célébrité, mais utiliser Dieu et sa dépression en plan marketing n’en est pas moins cynique et pathétique. « Same shit, different day », disent les Godons. « Après m’être détourné, j’éprouve du repentir et après avoir reconnu mes fautes, je frappe sur ma cuisse; je suis honteux et confus car je porte l’opprobre de ma jeunesse », aurait pu chanter Justin Bieber. Et nous, nous lui disons ceci: « Maintenant réformez vos voies et vos œuvres, écoutez la voix de l’Éternel, votre Dieu ». Mais pour de vrai, cette fois-ci.
Joseph Achoury Klejman
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