D’emblée, je tiens à rassurer X… et Z… qui m’ont posé cette question au dernier conseil de rédaction de L’Incorrect : je n’utiliserai rien de ce que vous m’avez confié ; et courage. Sinon, avec l’esprit scientifique qui anime cette rubrique, j’ai commencé par me poser la question primordiale : pourquoi belle-mère ?
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Les ouvrages savants disent que c’est une épithète de courtoisie et d’affection, ça n’a rien à voir avec la beauté physique, c’est de la politesse, un peu comme on dit « beau doux sire » à un chevalier errant ou « Votre Éminence » à l’ex-cardinal McCarrick. C’est rassurant car il y a, parfois, une dissonance cognitive entre le mot et la chose.
Ensuite, il faut déterminer à quel type de belle-mère on a affaire. Tient-elle à se faire appeler par son prénom, glousse-t-elle quand vous l’appelez jolie-maman (à ma connaissance, aucune belle-fille n’appelle ainsi sa belle-mère), suggère-t-elle que vous l’appeliez comme ses petits-enfants l’appellent déjà ? Le soupçon d’un gauchisme, même inconscient, doit s’instiller dans votre cœur et vous incliner à la vigilance. Si elle tient absolument à expliquer devant vos enfants que vous êtes trop sévère et enlace sa fille ou son fils en lui disant « comment vas-tu ma pauvre chérie / mon pauvre chéri ?! » en guise d’accueil tout en vous regardant droit dans les yeux, votre belle-mère est du type fusionnel, donc de gauche. Le fusionnel est de gauche. Cette incapacité à laisser l’autre là où il est et à se projeter en permanence dans sa sphère avec le sentiment infondé mais bien ancré qu’on va faire son bonheur est de gauche.
Le soupçon d’un gauchisme, même inconscient, doit s’instiller dans votre cœur et vous incliner à la vigilance.
Vous vous en étiez douté au moment du mariage quand elle avait beaucoup insisté pour que vous choisissiez Nous arrivons des quatre coins de l’horizon comme chant de communion, ça se confirme. Résistez. Expliquez qu’il est d’usage d’appeler la grand-mère Bonne Maman et allongez-lui du « Ma Mère » dès que vous en avez l’occasion. Commencez parfois vos phrases par « Avec tout le respect que je vous dois… » ou « Si respectable, par principe, que soit votre opinion, ma Mère… ». Instituez une distance, cela mettra mal à l’aise la gauchiste qui sommeille ou s’ébroue en elle et qui ne s’épanouit qu’en se répandant, comme les sables envahissent les citadelles. « J’ai bien saisi que vous vouliez que je vous tutoie, ma Mère… ».
Ou votre belle-mère vous a-t-elle accueilli comme si vous étiez de la famille mais sans vous imposer tous les us et coutumes de sa maison, respecte-t-elle votre opinion sur le Motu Proprio Traditionis Custodes et la supériorité de Jacques Perret sur Modiano, évite-t-elle de parler de vous comme une « valeur ajoutée » mais vous fait-elle sentir qu’elle vous gratifie de la joie évidente de son enfant (j’écris pour les jeunes mariés) ? Elle est de droite quand bien même elle voterait à gauche. Elle a compris que vous ne faites qu’un avec votre moitié et elle l’a accepté, elle a adapté son système relationnel plus qu’elle ne vous a commandé de vous y conformer (c’est le gauchiste qui exige que tout s’établisse selon son bon vouloir).
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Il semblerait que la belle-mère, en soi, soit un objet apolitique. Mais il est certain que celle qui ne vous fait pas sentir en permanence que vous pourriez être mieux est du type de droite.





