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La civilisation des prénoms

L’intense médiatisation d’Éric Zemmour a remis sur le devant de la scène un certain nombre de thèmes qui lui sont chers. Parmi ceux-là, un incontournable : le thème des prénoms. Quelles seraient les conséquences de sa proposition de loi, alors que la fracture civilisationnelle se fait de plus en plus ressentir ?

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© Benjamin de Diesbach pour L'Incorrect

Chacun se rappelle la séquence des Terriens du dimanche où Zemmour avait critiqué vertement le prénom africain de la chroniqueuse Hapsatou Sy, lui suggérant ensuite de le troquer pour Corinne ! De cet attachement aux prénoms français – un attachement somme toute bien légitime – de ce marqueur civilisationnel pourrions-nous dire, le futur candidat à l’élection présidentielle ne pouvait pas ne pas formuler une proposition politique : revenir à la loi qui était en vigueur en France jusqu’au début de l’année 1993, et qui imposait aux parents de choisir le prénom de leur enfant parmi ceux que propose le calendrier chrétien.

Une loi intéressante, me disais-je. Elle pourrait en effet, pensais-je dans mon extrême candeur, ramener les Français d’origine étrangère vers davantage d’attachement à la France, à notre civilisation chrétienne, à notre culture nationale commune, à notre « héritage reçu indivis », pour parler comme Ernest Renan. Jusqu’à ce qu’au détour d’une discussion avec Montesquieu, celui-ci ne me détrompe, de ce ton aristocratique quoique modéré qui est le sien : « Lorsqu’on veut changer les mœurs et les manières, il ne faut pas les changer par les lois : cela paraîtrait trop tyrannique… » [...]

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