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Assis dans un fauteuil, un jeune homme lit un récit de vie. Il s’appelle Bastien, milite depuis cinq ans au Front National en Picardie. Invité par son supérieur à s’engager davantage dans la campagne présidentielle de 2017, il s’achète une cravate, endosse le costume de politicien, se prend à rêver d’une carrière, mais son passé ressurgit. On pouvait craindre le pire il n’en est rien, bien au contraire.
Fondé sur la voix off, illustré par des images tournées aux côtés de Bastien et émaillé des commentaires de ce dernier sur le texte qu’il lit, La Cravate surprend par sa forme audacieuse et la finesse de son écriture. Employant des cadres larges, des plans fixes et le passé simple pour accentuer la dimension romanesque, les auteurs épousent la trame d’un roman-photos avec comme seule ambition de percer l’intimité de leur personnage. Juste et touchant, le documentaire évite les pièges du discours politique, se garde de tout jugement, et, finalement, peut-être même malgré eux, les réalisateurs révèlent l’humanité d’un abandonné devenu skinhead et que le Front national sauve in extremis.
Par Arthur de Watrigant
LA CRAVATE (1h 36min)
de Mathias Théry, Étienne Chaillou
Documentaire – En salle le 5 février
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