[vc_row][vc_column][vc_column_text css= ».vc_custom_1572841367643{margin-right: 25px !important;margin-left: 25px !important;} »]
En un mois, le gris mois d’octobre de l’an du seigneur 2019, les yeux de la France se seront dessillés ; en un mois, l’histoire aura accéléré et porté peut-être plus de fruits de vérité qu’en quarante ans. Le réel est de retour et il est heureux que pour une fois, quitte à faire enfin mentir le cher Muray, il ne soit plus reporté à une date ultérieure.
Tout commença le 28 septembre, quand dans notre « Convention de la droite » Éric Zemmour prononça, devant 1 500 personnes présentes, et des centaines de milliers d’autres plantées devant LCI, un discours qui portait le fer dans la plaie plus loin qu’on ne l’avait jamais fait : le monde moderne s’était ligué pour « exterminer l’homme blanc, hétérosexuel, catholique » et peut-être les jeunes Français seraient-ils demain dépossédés de leur pays et de leur culture s’ils ne réagissaient pas. Nulle « incitation à la haine », comme disent les francinteriens, dans ses propos, seulement le constat froid et brûlant d’un pays confronté à l’une des pires catastrophes possibles de son histoire, celle du grand remplacement, remplacement par des peuples de moeurs et de coutumes étrangères, et surtout celle de la confrontation avec une religion frontalement différente, l’islam. Il en fallait peu pour que le pays s’embrase, sémantiquement parlant. Ce peu lui fut donné.
Jean-Michel Aphatie appelle les médias à boycotter Zemmour et dans la même phrase à une meilleure intégration de l’islam dans la société française, en réformant la loi de 1905.
Dès le 1er octobre, le parquet ouvre une enquête!: voilà Éric Zemmour poursuivi pour « injures publiques » et « provocation publique à la discrimination, la haine ou la violence ». Les appels au licenciement auprès de ses employeurs, Le Figaro, RTL et Paris Première se multiplient. Seul RTL cède. Mais se répand la rumeur, fondée, que l’éditorialiste va occuper une émission sur Cnews. Le ressentiment enfle. Jean-Michel Aphatie appelle les médias à boycotter Zemmour et dans la même phrase à une meilleure intégration de l’islam dans la société française, en réformant la loi de 1905.
Lire aussi : L’éditorial de Jacques de Guillebon : Saison intermédiaire
Judith Waintraub, du Figaro, rétorque qu’il utilise des arguments d’islamo-collabo. Zineb El Rhazoui lui emboîte le pas. Le 8 octobre, interpellé par les délateurs des réseaux sociaux Sleeping Giants, le groupe Nutella renonce à diffuser des publicités avant les émissions d’Éric Zemmour. Il est suivi par Groupama, MAIF et Monabanq. Las, la première émission d’Éric Zemmour bat tous les records d’audience le 14 octobre chez Cnews et LCI riposte en annulant toutes ses plages de publicité à cette heure. Toute la Gaule est libérée ?
Mickael Harpon, fonctionnaire lui-même, a assassiné au couteau quatre fonctionnaires de la Préfecture de police de Paris, certainement au nom de l’islam auquel il s’est converti quelques années plus tôt, donnant ainsi une première fois raison à Éric Zemmour.
Non. Car entre-temps le 3 octobre, Mickael Harpon, fonctionnaire lui-même, a assassiné au couteau quatre fonctionnaires de la Préfecture de police de Paris, certainement au nom de l’islam auquel il s’est converti quelques années plus tôt, donnant ainsi une première fois raison à Éric Zemmour.
Une seconde raison est provoquée incidemment le 11 octobre : en séance du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté, l’élu Julien Odoul (RN) réclame à la présidente qu’elle invite une femme voilée accompagnatrice d’enfants à retirer son voile. Aussitôt, les classes médiatique et politique s’enflamment. On est sommé enfin de choisir son camp et de constater que les femmes voilées que jusque-là on refusait de voir, avant-garde d’un islam dominateur, sont légion dans ce pays. Il n’est jusqu’à Jean-Michel Blanquer et Aurore Bergé, du gouvernement, qui jugent peu recommandable la présence de ces femmes dans l’espace public.
À Mayotte, Emmanuel Macron appelle les Français à ne pas se diviser sur le sujet du voile et refuse de trancher : « Je pense qu’il ne faut pas que nous nous divisions ». Quelques jours après, à La Réunion, il confirme sa démission : « Le voile dans l’espace public n’est pas mon problème ».
La querelle s’emballe. Yassine Belattar au micro de RFI, menace!: « Le fait d’être français de confession musulmane pose problème aujourd’hui […] Si j’étais Blanquer, j’éviterais de mettre les pieds dans le 93 ». Yves Thréard, du Figaro, affirme sur LCI qu’il déteste la religion musulmane. Valérie Trierweiler annonce qu’elle n’ira plus sur CNews tant qu’Éric Zemmour y officiera. Jacques Attali itou. Les élus du personnel du groupe Canal + votent à l’unanimité une motion réclamant l’exclusion de l’éditorialiste. Sans succès car « Canal reste le groupe de toutes les opinions », répond la direction. Le 15 octobre, Le Monde publie une tribune de 90 personnalités intitulée « Jusqu’où laisserons-nous passer la haine des musulmans ? » Le 20, Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat, veut interdire les listes communautaristes.
Lire aussi : Le moment populiste
À Mayotte, Emmanuel Macron appelle les Français à ne pas se diviser sur le sujet du voile et refuse de trancher : « Je pense qu’il ne faut pas que nous nous divisions ». Quelques jours après, à La Réunion, il confirme sa démission : « Le voile dans l’espace public n’est pas mon problème ». Enfin, le 24, le CSA saisit le procureur de la République à propos de la retransmission du discours d’Eric Zemmour sur LCI lors de notre « Convention de la droite ».
Il n’y a plus de côte-à-côte. Seulement du face-à-face.
La boucle est bouclée. Triste ironie de l’histoire : après nous avoir insultés, tout le monde doit se rendre à l’évidence, évidence de l’ampleur de la menace, culturelle et sécuritaire. Et les hyènes auront beau hurler à l’extrême droite, à on ne sait quel racisme inexistant, la question reste. Mais elle est maintenant posée, et c’est la bonne nouvelle : personne ne pourra se soustraire à la réponse. Comment vit-on ensemble ? Il n’y a plus de côte-à-côte. Seulement du face-à-face.
Jacques de Guillebon
[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]





