L’édito Monde de Hadrien Dessuin : La droite espagnole à la reconquête

© Vox España

Depuis le Siècle d’or de Charles Quint et les Grandes découvertes, l’Espagne est souvent perçue par ses voisins européens comme une nation périphérique, voire en déclin, indigne de son grand passé. Une nation qui ne sort jamais de ses querelles politiques.

 

Et pourtant, si l’on prend un instant pour regarder la carte du globe, on se rappelle aussitôt que Cadix est la porte de l’Europe vers l’Amérique latine et l’Afrique du nord. La vieille nation espagnole, qui s’est unie par la Reconquête chrétienne de la péninsule, a des ressorts immuables qu’on aurait tort de négliger. C’est tout l’objet de ce dossier. L’Espagne reste, il est vrai, dévorée par ses divisions. La récente polémique sur la sépulture du général Franco ou les velléités séparatistes de la Catalogne montrent que la guerre civile n’est pas complètement cicatrisée. Pire, elle pourrait reprendre. L’histoire des nations, comme la vie, n’est pas un long fleuve tranquille.

 

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Aujourd’hui, Madrid referme les années Rajoy (2011- 2018) avec un gouvernement Sanchez menacé sur sa gauche et sur sa droite par Podemos et Ciudadanos. Quant au Parti Populaire de José-Maria Aznar, il peine à se relever. Ce parti a souffert d’une dérive centriste et gestionnaire qui a frayé avec la corruption. Depuis lors, l’Espagne profonde, qui tient à conserver son identité et à faire prospérer son patrimoine, se retrouve devant un choix délicat. D’un côté Pablo Casado, le nouveau président du Parti populaire, partisan d’une ligne plus conservatrice que par le passé : un retour aux fondamentaux des années Aznar.

De l’autre, Santiago Abascal, dissident du PP, qui entend refonder la droite espagnole à travers un nouveau mouvement national, Vox. Les deux concurrents seront-ils capables de s’entendre après les élections générales de 2020 ? Pourront-ils, à eux deux, redonner à l’Espagne la place qui est la sienne dans l’histoire et la géographie du continent, tour de garde et poste avancé de l’Europe ? À l’occasion des européennes qui approchent, un premier rapport de force va s’installer entre eux deux. Tandis que le fédéralisme madrilène montre des sérieux signes de fatigue, le fédéralisme bruxellois veut passer en force. C’est sur ce terrain-là que Casado et Abascal devront faire leurs preuves. Sans se diviser

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hdesuin@lincorret.org

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