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Vin : Bordeaux cherche un second souffle

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Publié le

2 mars 2021

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Jadis en position de quasi-monopole, les vins de Bordeaux sont aujourd’hui en déperdition auprès des nouveaux consommateurs.
bordeaux

Bordeaux avait l’apanage du vin, l’histoire, la renommée, la qualité aussi. La forme de sa bouteille, la bordelaise, était et est toujours la forme la plus utilisée dans le monde. La forme bourguignonne fut pendant longtemps l’usage restreint de cette région, une particularité qui allait de pair avec le charme de la Côte-d’Or. Au-delà de la Bourgogne et de Bordeaux, les vignobles français présentaient des vins de piètre qualité. À l’étranger, Bordeaux était une carte de visite d’excellence et le classement de 1855 un Graal dont les plus fortunés désiraient posséder les flacons, au mieux pour les boire, mais, trop souvent, pour la spéculation et le snobisme. 

Il ne fait jamais bon être en situation de monopole. Bordeaux s’est endormi et n!a pas vu le réveil des vignobles français dont un grand nombre, pour marquer leur indépendance, ont créé des formes régionales de bouteille et abandonné la bordelaise. Les prix des grands crus sont montés en flèche. Chers, mais accessibles jusque dans les années 1980, ils sont devenus très chers et inabordables dans les années 2000. Le public français n’ayant plus les moyens de les acquérir, Bordeaux est devenu un vin de notables étrangers. Dans le même temps, des productions de faible qualité ont joué sur le nom de Bordeaux pour vendre des vins médiocres à des prix trop élevés. On ne trompe pas impunément le consommateur et cette manoeuvre coupa de Bordeaux une partie du public qui pouvait trouver meilleur ailleurs en France. Saint-Estèphe, Saint-Julien, les Graves et le Médoc ont perdu leur force d’attraction. 

À l’heure du retour du terroir, Bordeaux est apparu comme un vignoble lointain et éloigné de l’authentique vin français. C’était injuste pour de nombreux vignerons faisant bien leur travail, mais à l’image positive de bordeaux a succédé une image moins porteuse. Les urbains, consommateurs attitrés et classiques du bordeaux, se sont détournés de lui, notamment dans les bars à vin et les bistrots. Le risque pour la capitale du vin était de connaître le syndrome du Cognac et de devenir un vin français pour étrangers.

Lire aussi : La Grande bouffe : vignobles, les petits s’envolent

Depuis quelques années on voit apparaître de nouveau une génération dynamique qui essaye de briser cette spirale descendante et de réconcilier les Français avec le Bordeaux. Le risque serait de vouloir désacraliser le vin et de penser qu’en en faisant un produit banal et vulgaire on le mettra mieux à la portée de tout un chacun. La solution passe au contraire par la réaffirmation de l’histoire de Bordeaux, de ses variétés, de ses qualités et aussi, ce qui est valable pour tous les vignobles, par une éducation de la jeunesse au bon vin. L’erreur de Bordeaux a été de croire sa position éternelle et assurée alors qu’il faut savoir séduire et éduquer chacune des nouvelles générations. Un avertissement qui vaut pour les bords de la Gironde tout autant que pour les autres vignobles.

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