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La nuit venue, Abou Leila : La semaine cinéma

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Publié le

17 juillet 2020

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« La nuit venue », de Frédéric Farrucci , et « Abou Leila » de Amin Sidi-Boumédiène, les sorties de la semaine.

La nuit venue, Noir et poétique

Jin est un immigré pékinois qui travaille à Paris comme chauffeur de VTC pour rembourser sa dette envers la mafia. Après avoir rencontré Naomi à l’occasion d’une course, il va tenter de s’émanciper du joug de la pègre pour vivre librement son amour. Pour son troisième long-métrage, Frédéric Farruci livre un film noir et poétique.

Alternant plans larges et caméra embarquée, le réalisateur français prend son temps pour arpenter avec délectation le Paris nocturne. Cette dimension contemplative s’accorde parfaitement avec l’intrigue, celle-ci traitant avec intelligence des thèmes de la pulsion de liberté chez les individus aliénés et de l’amour comme seul remède à l’impossibilité d’habiter le monde. Le mal est inhérent à l’homme, voilà la vérité que nous rappelle Farrucci et l’exploitation comme le racisme ne sont pas l’apanage de l’homme blanc. Voilà qui a dû laisser perplexe Camélia Jordana, qui interprète Naomi, confirmant une nouvelle fois qu’une débile peut aussi être une bonne actrice.

Ange Appino

Abou Leila, Un premier film halluciné

Abou Leila commence par un simple carton et un plan séquence virtuose qui nous immerge en quelques secondes dans l’Algérie terroriste des années quatre-vingt-dix, lorsque le pays est en proie à des guerres intestines : après la démission du président Chadli, les Groupes Islamiques Armés (GIA) sont constitués et sèment la terreur dans tout le pays.

On s’attend dès lors à un film noir et aride sur le terrorisme, et le film commence comme tel en s’intéressant au parcours de deux hommes troubles qui fuient à travers le désert. On ne saura pas grand-chose des deux protagonistes, si ce n’est qu’ils recherchent un terroriste quasi-mythique, l’Abou Leila du titre. Amin Sidi-Boumédiène, qui signe son premier long-métrage, ne s’embarrasse pas plus longtemps de réalisme : ce qui l’intéresse, ce n’est pas tant l’histoire d’un pays que sa représentation mythique. Le film plonge brusquement dans une sorte de cauchemar ouaté, lorgne vers le western métaphysique et l’hallucination bestiale. Transcendé par une lumière expressionniste et par une mise en scène exigeante qui mêle onirisme et naturalisme cru, Abou Leila est impressionnant de maîtrise, d’ambition et de maturité. Un réalisateur à suivre.

Marc Obregon

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