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Le complexe Poutine

Dans un essai éclairant récemment augmenté et réédité, le philosophe Michel Eltchaninoff dépeint un Vladimir Poutine ô combien complexe, mais toujours animé par la seule grandeur de la Russie.

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© DR

Nous ne sommes sans doute pas encore revenus de la sidération qui a saisi une bonne partie de la population française après que Poutine a envahi l’Ukraine, fin février 2022, pour lancer en Europe une guerre de haute intensité telle qu’on n’en avait plus connue depuis des décennies. Sidération qui s’explique aussi bien par le refus de la conscience occidentale de considérer que le tragique appartient encore au présent, que par l’image que nous avions de Poutine, celle d’un homme raisonnable, sinon modéré, une sorte de faux tyran qui en arborait de plus en plus les signes extérieurs pour dissimuler un politique plus libéral qu’il n’y paraissait désormais, une sorte de démocrate sous couverture en somme, à tout le moins, accommodé à la Russie qui, du long de son histoire emmêlée et brutale, n’a pas eu le loisir d’en connaître tant. 

Poutine semblait donc un pragmatique déguisé en autocrate et un élément de stabilité auquel on s’était, ici, habitué, de telle sorte que peu, très peu, sont ceux qui, à la veille de l’invasion de l’Ukraine, ont cru qu’il attaquerait pour que, nous autres crédules, détrompés ensuite et devant le fait accompli, nous arguions aussitôt que, puisqu’il avait attaqué, il vaincrait rapidement. Rien ne s’est passé ainsi que prévu. Non seulement Poutine a attaqué, mais il n’a toujours pas vaincu. Son armée, qu’on craignait dans le monde entier, patine et connaît de très lourdes pertes, échoue à prendre Kiev, tandis que l’OTAN ressuscite et se renforce. Sauf à considérer Poutine comme un illuminé parti en guerre sur un coup de tête, comment expliquer pareille gabegie stratégique et informationnelle à un si haut niveau de décision qui lui a fait se tromper sur la farouche volonté ukrainienne de se défendre ? Sans doute que le tyran avait déjà pris sa part au pragmatique et que la concentration du pouvoir en sa personne a privé Poutine de pouvoir entendre tout conseil susceptible de le décourager dans son entreprise.

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