« C’est l’empyrée immense et profond qu’il me faut / La terre n’offrant rien de ce que je réclame » Victor-Hugo, un peu à l’étroit sur Terre, rêvait de l’empyrée (mot poétique pour dire ciel) dont l’infinitude serait plus à sa taille. Mais Reid Wiseman, commandant de la mission Artémis II, de retour de l’espace, ayant, lui, visité l’empyrée pour de vrai, se réjouissait, le 11 avril dernier, de retrouver le plancher des vaches : « C’est extraordinaire d’être humain, c’est extraordinaire d’être sur la planète Terre. »
Le mois d’avril fut cosmique. Franc succès d’Artémis II, depuis son lancement en Floride le 1er avril, jusqu’à l’amerrissage de la capsule Orion le 11 avril. Les astronautes Christina Koch, Jeremy Hansen, Victor Glover et Reid Wiseman ont accompli le plus lointain voyage jamais entrepris ; ils se sont trouvés à 406 772 km de chez eux. 406 772 km, c’est dix fois la circonférence de la Terre.
Ils ont fait le tour de la Lune, se sont approchés de sa face cachée. Au retour, la capsule a percuté l’atmosphère terrestre à une vitesse de 40 233 km/heure, moment où l’habitacle des astronautes endure une température extérieure de 2760°C. Ces conditions extrêmes peuvent expliquer l’hommage rendu par Wiseman à sa douce Terre.
Il n’y avait plus eu de vol habité vers la Lune depuis un demi-siècle (Apollo 17, 1972). « Nous reviendrons », a lancé Christina Koch. Retour prévu en 2028 : Artémis IV consistera en un alunissage habité. Il s’agira à terme d’établir un camp de base lunaire pour les vaisseaux en route vers Mars.
Lire aussi : Patrimoine des ministres : la transparence ne sert à rien
L’empyrée, éthymologiquement ciel plein de feu, évoque celui d’Iran, théâtre de treize mille frappes aériennes américaines depuis le début du conflit. Les mollahs n’ont plus d’armée, plus de marine, plus d’aviation. Mais le 3 avril, alors qu’un F15 américain est abattu, un seul des deux pilotes est évacué. L’autre, introuvable, cumule plusieurs handicaps : blessé, perdu dans la montagne, tombé au fond d’une crevasse, sa tête mise à prix par l’ennemi. Il envoie un message radio : « God is good » L’Occident retient son souffle. Commandos, concours de la CIA, forces spéciales, des dizaines d’avions, quatre hélicoptères légers … deux jours plus tard, le soldat est sauvé. Le salut est certes venu d’en haut.
En avril, il y avait de quoi lever les yeux au ciel. La mise en circulation imminente de taxis volants façon Retour vers le futur inaugure une nouvelle frontière. Les eVTOL (electric vertical take-off and landing vehicles – aéronefs électriques à décollage et atterrissage verticaux) sont des machines plus silencieuses, plus propres, moins chères et plus sures que les hélicoptères. Le 16 avril, Dubaï s’est doté de sa première station de taxis volants, comprenant deux aires de décollage et d’atterrissage. Aux USA, l’Administration Fédérale de l’Aviation a accrédité huit fabricants d’eVtol chargés de mettre en route des programmes allant du taxi aérien urbain, au transport cargo, aux services d’ambulances. Archer, société créatrice du Midnight Craft à 12 hélices avec pilote, a acquis un aéroport municipal à Los Angeles en vue des JO de 2028, et promet de transporter les spectateurs, de l’aéroport international aux sites sportifs, en un quart d’heure.
Il avait été question de ces voitures volantes pour les JO de Paris 2024. Projet tombé à l’eau, faute de certifications. En repensant aux images du maire nouvellement élu, porte-flambeau du progrès à vélo, on se dit que les taxis parisiens ne sont pas près de décoller vers l’empyrée.





