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Le temps des faux prophètes

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Publié le

11 octobre 2022

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Politiciens, journalistes, artistes, sportifs : tous ces nouveaux apôtres passent leur temps à donner des leçons. Or, ces mêmes leçons n’ont jamais fait la preuve de leur efficacité, bien au contraire : elles ne sont que le masque de la stérilité, de la division, de la déséducation. Bref, du néant.
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« À chaque fois que vous vous retrouvez à penser comme la plupart des gens, faites une pause et réfléchissez ». Cet aphorisme de Mark Twain pourrait être pour chacun une invitation à la survie.

Les dirigeants, les « élites », les gens de spectacle, les médias bien-sûr, les footballeurs même de ce pays nous mobilisent constamment pour des guerres saintes : pour l’Ukraine, pour les femmes iraniennes, pour l’antiracisme, pour la démocratie, pour le féminisme, pour la tolérance, les chats et la planète.

Leur péan est toujours accompagné de gestes puissants, dont on ne sait trop ce qu’il faut admirer le plus, du courage ou de l’audace. Tels mettent un genou à terre dans un stade ou portent un brassard arc-en-ciel ; telles se coupent solidairement une mèche de cheveux ; telle autre brandit les mains en Assemblée nationale, en faisant un geste symbolisant un vagin ; tel autre, dans un répertoire plus élevé, fait le pantin à l’ONU, à grands renforts de coups de menton ; tel autre se résout à ne manger que de l’herbe ; tel autre encore, pousse l’exemplarité héroïque jusqu’à porter un pull à col roulé.

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Il est à craindre, hélas, qu’il y ait des gens que tout cela suffit à émouvoir et à mobiliser. Pensez, en particulier : les pauvres ukrainiens, les pauvres iraniennes, les pauvres discriminés ! D’aucuns vibrent à ces gestes, portés par le formidable appétit de moralisme dont ils sont eux-mêmes déjà contaminés. Ils ne désirent rien tant, prosélytes à leur tour, que de le voir s’étendre au monde entier : à ce que l’on doit dire, à ce que l’on doit faire, à ce que l’on doit penser, aimer ou haïr, comme un air à respirer à pleins poumons, pour que ce monde régénéré par tant d’intelligence et de vertu démocratiques soit enfin délivré du mal qui l’étreint.

Cependant, écoutons un peu le vieux Twain, « faisons une pause ». Et « réfléchissons ». Faisons même un pas en arrière, et interrogeons la réalité avec un peu de recul.

Qui sont ces prédicateurs et ces apôtres ? D’où viennent-ils ? Quelle est leur morale ? Sur quoi règne-t-elle déjà, dans leur vie et leurs zones d’influence, qui puisse nous convaincre de l’adopter et susciter notre amour ? Car enfin, pour prétendre apporter un salut aux autres, ce n’est pas trop exiger que d’en interroger la crédibilité. On ne devrait jamais manquer de mettre ainsi au pied du mur dans des débats ou des discussions ces politiciens, comédiens, journalistes, sportifs, voire un ami ou un parent : ce moralisme que vous tenez tant à imposer et à exporter, où sont ses fruits humains ? Quelles en sont les racines ?

Le constat s’imposera vite que ces apôtres sont des imposteurs ou des escrocs, qu’ils suivent cette pente si commune aux médiocres de vouloir que les autres n’échappent pas à la médiocrité où ils trouvent eux-mêmes leur satisfaction

La réflexion n’aura pas besoin d’être longue. Le constat s’imposera vite que ces apôtres sont des imposteurs ou des escrocs, que leurs mains sont vides, que s’ils ne sont pas tout à fait idéalistes, ils suivent cette pente si commune aux médiocres de vouloir que les autres n’échappent pas à la médiocrité où ils trouvent eux-mêmes leur satisfaction. Il apparaîtra même, chez certains, l’instinct diabolique qui les portent à pourchasser la lumière pour l’éteindre là où elle a le toupet de briller encore.

L’exemple d’un Macron, position proéminente oblige, est en cela éloquent. Comme tant d’autres du même élevage, il tonne, il menace, il exhorte, il minaude, il joue au dur, donne des leçons à l’univers entier, mais ce sont là les agitations d’un impuissant. La « pantomime des gueux » dont parlait Diderot. En réalité, il est l’apôtre du néant. Il n’apporte déjà rien au pays dont il sous-traite la direction pour ses maîtres, si ce n’est de le vider davantage encore de sa substance que ne l’ont fait ses prédécesseurs. C’est un trait commun, d’ailleurs, à beaucoup de dirigeants de ce que l’on appelle encore l’Occident. À quel titre pourrait-il prétendre à l’imitation ou à l’autorité sur quelque peuple que ce soit ? À cause des « valeurs » de cet « Occident » dont il se prétend le héraut ? Mais il suffit d’avoir des yeux pour voir : ces prétendues valeurs n’apportent que la stérilité, la division, la déséducation, la violence, le déracinement, le chaos et la mort, la destruction de la famille et la dislocation même de l’être humain.

« Faites une pause, et réfléchissez ». Donnez corps à ces réflexions et les masques de ces faux prophètes rouleront à terre.

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