Skip to content

Le totebag est-il de droite ?

Par

Publié le

11 octobre 2018

Partage

[vc_row][vc_column][vc_column_text css= ».vc_custom_1539250669923{margin-right: 25px !important;margin-left: 25px !important;} »]

Le tote bag est un support de créativité. Je l’ai lu sur un site. On y précise qu’ils « prouvent au quotidien qu’ils sont de véritables vecteurs de communication [sic] indéniables. » et que ces sacs « à la dimension éco-responsable » sont supposés « inciter les gens à changer leurs habitudes ».

 

On s’est rendu compte qu’on pouvait y mettre un logo ou afficher fièrement ses convictions : le tot’bague est un ticheurte qu’on porte sur l’épaule ou à bout de bras. C’est bien simple, Dior en vend qui valent 2 100 euros et l’Élysée en propose, conçus par Le Slip Français et arborant des messages fortement incitatifs : « Première Dame », « Président ». Un esprit prévenu pourrait en déduire que le tote bag est de gauche. Le truc nous vient des États-Unis, en plus, comme la théorie du genre, le politiquement correct, la peste des eaux (Elodea canadensis) et l’herbe à poux (ambrosia artemisiifolia), toutes choses qui envahissent les conduits et les cerveaux. Mais déterminer le degré de rectitude ou de sinistralité des objets ne peut pas se satisfaire d’une évaluation rapide. Tote, qui signifie porter, est un américanisme qui remonte au XVIIe siècle. C’est de l’argot de la côte atlantique. On sent que ça vient du peuple. Ce ne sont pas les godons de Boston qui devaient l’employer. Le tot’bague n’est pas, d’abord, un support de créativité. Les porteurs de journaux en étaient fous, puis les postiers, puis tout le monde après la seconde guerre mondiale.

 

Lire aussi : Les mugs sont-ils de droite ?

 

Il faut donc regarder la chose en soi. Le tot’bague est un fourre-tout. Voilà la vérité simple et nue. C’est moins un sac qu’un cabas. Allons plus loin : c’est une besace, c’est un bissac. On y met ce qui nous tombe sous la main quand on veut vite partir. Le polar qu’on a promis de prêter, le journal qu’on est en train de lire, le truc qu’on vient d’acheter, le bouquin glané sur un tas d’encombrants, les lettres qu’on oublie de poster depuis trois jours – et un chargeur pour son téléphone. On revient chez soi avec la musette gonflée de ce qu’on a reçu, acheté et même dérobé. Une musette encourage à ramasser les marrons dans les parcs publics, parce qu’on n’a pas peur de déformer ses poches. Ce n’est pas un polar qu’on prête mais quatre histoires de la Comtesse de Ségur, ce n’est pas une bouteille qu’on offre mais un gigot entier qu’on sort du havresac. On peut se moquer de ce qui y est inscrit. Les déclarations les plus responsables et les logos les plus militants perdent de leur force quand ils sont déformés par dix Marcel Aymé achetés à bas prix ou quatre bons gros quatrequarts pour la fête de la paroisse. Il est simple, il est franc, il est pratique (alors que ces sacs en plastique dont les poignées se déchirent !) On soupçonne les Bituriges d’avoir inventé le modèle (le Gaulois a inventé le pantalon et la capuche : on voit ce que ce siècle lui doit). Ce sac de toile, c’est celui des chiffonniers, des soldats, des trimardeurs, des gueux de basses et hautes époques. Le tot ’bague est de droite

[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

EN KIOSQUE

Soutenez l’incorrect

faites un don et défiscalisez !

En passant par notre partenaire

Credofunding, vous pouvez obtenir une

réduction d’impôts de 66% du montant de

votre don.

Retrouvez l’incorrect sur les réseaux sociaux

Les autres articles recommandés pour vous​

Restez informé, inscrivez-vous à notre Newsletter

Pin It on Pinterest