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L’empire du charabia

La langue délimite les camps. Et c'est en cela que la machine soviétique qui nous administre invente de plus en plus son propre baragouin. Mélange d'anglais et de mots qu'on ne comprend même pas. Tout ça montre surtout une volonté de communiquer sans rien dire. De cloisonner le monde des sachants de nous, les ploucs.

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© Romée de Saint Céran pour L'Incorrect

Dans toutes les collectivités locales, administrations, préfectures, cabinets et pissotières à procédures, tu as désormais un connard chargé d’inventer une nouvelle langue française, généralement plus jus de boudin et vasouilllarde qu’un communiqué d’Action directe. Dernièrement, j’ai repéré une merveille : « L’abri des mobilités ». C’est ce que les régions et l’Éducation nationale mettent en place dans chaque lycée : une sorte d’abri fermé pour ranger vélo, skates et autres trottinettes. « Abri des mobilités »… Ah ouais ! Le dernier terme est d’ailleurs là pour remplacer « transport », terme passé de mode qui sent par trop le Mimile et le RER. 

En vérité, le gauchisme, le capitalisme et l’administration sont faits pour se marier. Un trouple ! Jusque dans le choix du langage. Car, loin d’être la gardienne d’un français de bonne facture comme cela devrait être son rôle, l’administration française invente son propre charabia mi-techno mi-english mi-woke mi-école de management qui éloigne les Français de leur propre État. Quelques exemples du désastre ? La Corrèze a mis en place un système d’aide aux chômeurs, cela s’appelle « Boost Emploi ». Ledit territoire a pourtant deux langues, l’occitan et le français, mais bon… 

L’administration se vit comme un monde hermétique où ceux qui puent la bouse ne doivent surtout pas mettre les bottes

Le conseil départemental de Haute-Marne, lui, ne joue pas avec l’anglais mais a choisi de chercher un « Instructeur à l’aide sociale générale ». Ah ? Du temps où j’étais jeune et beau on appelait ça une « assistante sociale ». En « Provence-Alpes-Côte d’Azur », le Conseil régional, pour sa part, s’interroge « sur la trajectoire qu’il voulait donner à son territoire en matière d’énergie ». Espérons, pour trouver cette « trajectoire », qu’il « mobilise en co-working ses infrasynergies créatrices et élaborantes » [...]

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