Dans toutes les collectivités locales, administrations, préfectures, cabinets et pissotières à procédures, tu as désormais un connard chargé d’inventer une nouvelle langue française, généralement plus jus de boudin et vasouilllarde qu’un communiqué d’Action directe. Dernièrement, j’ai repéré une merveille : « L’abri des mobilités ». C’est ce que les régions et l’Éducation nationale mettent en place dans chaque lycée : une sorte d’abri fermé pour ranger vélo, skates et autres trottinettes. « Abri des mobilités »… Ah ouais ! Le dernier terme est d’ailleurs là pour remplacer « transport », terme passé de mode qui sent par trop le Mimile et le RER.
En vérité, le gauchisme, le capitalisme et l’administration sont faits pour se marier. Un trouple ! Jusque dans le choix du langage. Car, loin d’être la gardienne d’un français de bonne facture comme cela devrait être son rôle, l’administration française invente son propre charabia mi-techno mi-english mi-woke mi-école de management qui éloigne les Français de leur propre État. Quelques exemples du désastre ? La Corrèze a mis en place un système d’aide aux chômeurs, cela s’appelle « Boost Emploi ». Ledit territoire a pourtant deux langues, l’occitan et le français, mais bon…
L’administration se vit comme un monde hermétique où ceux qui puent la bouse ne doivent surtout pas mettre les bottes
Le conseil départemental de Haute-Marne, lui, ne joue pas avec l’anglais mais a choisi de chercher un « Instructeur à l’aide sociale générale ». Ah ? Du temps où j’étais jeune et beau on appelait ça une « assistante sociale ». En « Provence-Alpes-Côte d’Azur », le Conseil régional, pour sa part, s’interroge « sur la trajectoire qu’il voulait donner à son territoire en matière d’énergie ». Espérons, pour trouver cette « trajectoire », qu’il « mobilise en co-working ses infrasynergies créatrices et élaborantes »
Les administrations sont devenues l’empire du charabia, comme le « Référentiel Général d’Amélioration de l’Accessibilité » et le « comptage de flux de déplacement multimodal ». Tiens, jamais en reste d’une petite vacherie sur les Parigots, je fais remarquer que la ville de Paris met en ce moment en ligne un guide des « meilleurs SPOTS pour jouer à la pétanque » ! « Spot » c’est englishment mieux que « lieu ». Avec la photo d’une main aux ongles peints aux couleurs LGBT pour illustrer la trouvaille. Mmmh, de beaux tripotages de bouboules en perspective !
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On est loin ici de l’argot des métiers célébré, entre autres, par le rigolard Pierre Perret. Malgré la réforme de 2019 qui était censée traduire en français courant tout ce baragouin, l’administration se vit comme un monde hermétique où ceux qui puent la bouse ne doivent surtout pas mettre les bottes. Forcée par l’air du temps de communiquer en permanence, elle entretient des services de com qui complexifient à l’extrême tout message simple. Pur réflexe snobinard. « L’affichage de la maîtrise d’une pensée complexe », diraient les petits merdeux du macronisme.
La langue délimite les camps. Le charabia délimite les classes. Tous ceux qui ne se sentent plus en contact avec le peuple ou désirent ne plus l’être complexifient leur langage. Quasiment une loi mathématique ! Regardez le gauchisme woke ! Celui-ci ne s’éloigne pas de la chiasse maoïste des années 70 car il ne parle pas au peuple, il le contraint par la terreur. Aucune prise réelle dans la classe ouvrière, ce qui induit un langage abscons avec lequel les mecs se parlent à eux-mêmes. Le capitalisme mondialisé a, quant à lui, choisi de rationaliser toute forme de communication en n’employant que l’anglais.
Et encore ! Celui passé à la moulinette du politiquement correct et du câlin planétaire. Les sales petits connards sortis des haute-écoles peuplant notre administration, fascinés par l’un et l’autre des cancers suscités, voudraient bien faire de même, mais la loi les en empêche encore. Pour se venger et bien montrer qu’ils ne sont pas sortis du LEP de Châteauroux, ces insupportables sournois inventent chaque jour leur petite parlure technocommunicante. Le gauchisme, le capitalisme et l’administration auront fini par enlaidir et pervertir tout ce qui fait une société. Jusqu’au langage.





