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Les critiques musicales de février

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Publié le

28 février 2023

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Chaque mois, L’Incorrect sélectionne pour vous le meilleur et le pire de l’actualité culturelle. Perles rares ou navets survendus, authentiques exploits ou pathétiques arnaques, ici se poursuit l’ambition de distinguer. À rebours de la tyrannie du médiocre, du politiquement convenable et du consensus, nos critiques vous redonnent le sens des hiérarchies. Place aux critiques musicales de février.
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D’UNE PRODIGIEUSE BÊTISE

RUSH, MÅNESKIN, EPIC/Sony Music, 15,99 €

Je démarre l’album péniblement en me souvenant que je ne peux pas blairer ces types. Je n’ai jamais écouté leur musique. Je m’en moque. Comme dirait l’autre, le rock n’roll, c’est pas que de la musique. Mais bon, il en faut aussi. Alors parlons musique. Celle de Maneskin mélange parfois le grotesque (néanmoins sympathique et parfois efficace) des oubliés de The Darkness mais en le mixant au pire des poncifs pop de Los Angeles. Je peux défendre Harry Styles et Taylor Swift (si, si, c’est punk je crois), mais pas un truc pareil. On dépasse toutes les limites imaginables avec le titre « BLA BLA BLA » qui est la pire chanson que j’ai entendue depuis des années. C’est prodigieux de bêtise et désespérément mauvais. On est nostalgique de la belle époque de la censure en entendant pareilles daubes. Et quand on voit que Tom Morello de Rage Against The Machine est venu jouer sur un titre, on se dit que la rage vieillit mal. Emmanuel Domont

Lire aussi : Les critiques musicales de janvier

PÉPITE SUD-AMERICAINE

COMO UNA FLOR SIN RAICES, LIA, InOuïe, 12,99 €

Un concert de lancement d’album à ne pas rater pour découvrir une production sud-américaine élégante et qui sort totalement de l’ordinaire : Lia présentera Como Una Flor Sin Raíces le jour de sa sortie officielle, le vendredi 24 février à 20 h 30, sur la scène du 360 Paris Music Factory (Paris). Il va falloir compter avec la demoiselle dans le paysage des rythmes cumbia et percussions latines avec ce premier EP – intégralement en langue espagnole – évoquant des réflexions sur ses origines et ses démêlés avec la réalité actuelle. Mareo est un voyage sensitif au cœur des désirs que l’on retient et ceux que l’on s’autorise. « Una Espina » est subtile et dans tout l’album, « le groove de la contrebasse, accompagné par la profondeur des percussions latines et la sonorité hypnotique du clavicorde créent une atmosphère musicale absolument singulière ». L’ensemble de l’EP de six titres est un pur régal, une réussite qui est aussi le fruit du travail d’orfèvre de l’équipe technique qui a su créer cet écrin pour y loger la voix de la belle. À découvrir absolument. Alexandra do Nascimento


DÉCEVANT ! MAIS…

PASSARINHO, JOAO SELVA, Underdog Records, 11,99 €

Fils d’un pasteur d’Ipanema, natif de Rio de Janeiro, l’ovni brésilien Joao Selva et son nouvel album Passarinho poursuivent le projet de réactualisation du courant tropicaliste des années 70 au Brésil, célébré cette fois-ci à grand renfort de salves funk, soul et pop. À l’honneur, les cadences du funaná capverdien, de la rumba congolaise ou du semba angolais. Excepté pour Passarinho et Seu Carnaval, qui s’en sortent bien, dans la plus (im)pure tradition brésilienne, il intègre de façon plus ou moins heureuse des éléments issus des musiques nord-américaines. Moins incisif et inspiré que Navegar, le précédent opus (véritable bijou de pop tropicale), celui-ci représentera toutefois un intérêt pour les voyageurs qui vécurent in situ ce genre de musique sans autre prétention que d’accompagner des fins de soirée du petit bar en compagnie d’une bonne caïpirinha caïpira, en bord de plage. D’ordinaire à l’aise dans les traditions comme dans les excentricités, gageons que le prochain album à paraître cette année retrouvera enfin l’éclat de NavegarADN

Lire aussi : Dimitri Naïditch : quand Liszt vire au jazz 

SYNTHÈSE BRITISH

NEVER GOING UNDER, CIRCA WAVES, Lower Third, 15,99 €

Circa Waves est en quelque sorte la synthèse des groupes british arrivés après les Libertines. Un peu de Wombats, une dose de Kaiserchiefs, une once de Bombay Bicycle Club, une pinte de Vaccines et un leader aux joues juvéniles rappelant celles de Billie Joe Armstrong en 1994. Avec un premier album qui tourne encore régulièrement sur la platine de votre serviteur huit ans après sa sortie (cela devient rare) et qui aurait pu nous faire croire à une ascension fulgurante, Circa Waves s’est retrouvé avoir une bonne place, mais dans les groupes de seconde zone. Voici venu le temps du cin- quième album (et il n’y a rien à dire de particulier à ce sujet – pas plus qu’à propos d’un homme de 54 ans). Alors oui, la grâce de la jeunesse est probablement derrière eux, mais on ne pourra pas dire que le talent s’est fait la malle avec la progression des rides. Kieran Shudall est un songwriter honnête qui n’a pas oublié comment nous foutre des mélodies en tête toute une après-midi durant (« Do You Wanna Talk » ; « GoldenDays ») et même composer l’une de ses meilleures chansons (« Living In The Grey »). Et dans ce gris de leur carrière, de flamboyantes réussites éclairent encore leur présent et peut-être même l’avenir. ED

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