L’intégrale d’opéra en studio serait-elle revenue à la mode ? Un petit lot de nouveautés revitalise le marché du disque (et du streaming). Côté Bellini, après la Norma de référence par Marina Rebeka, voici Les Puritains, dernier chef-d’œuvre du compositeur sicilien. Le triomphe de la création, en janvier 1835, lui vaut l’admiration hystérique du Tout-Paris – et la légion d’honneur. Rapprochant le bel canto romantique du Grand-Opéra français, il ouvre une voie nouvelle qui, sans sa mort prématurée quelques mois plus tard, aurait changé l’histoire de la musique. Peu importe l’intrigue – rupture apparente des fiancés et réconciliation finale, sur fond de guerre civile entre « têtes rondes » (républicains de Cromwell) et « cavaliers » (royalistes fidèles au Stuart), cette partition est une fête vocale et orchestrale, avec des airs plus mémorables les uns que les autres, enchaînés aux confrontations, élégiaques ou dramatiques, de quatre protagonistes à la vocalité époustouflante.
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Loin de l’équilibre aseptisé qu’on pourrait craindre, le résultat captive par l’énergie théâtrale que la baguette de Riccardo Frizza obtient d’un Philharmonique de Dresde certes plus engagé que subtil. Et si les chœurs brillent par leur cohésion, les premiers rôles n’offrent qu’une prestation honorable – les clés de fa (Richard d’Anthony Clark Evans et Georges de Riccardo Zanellato) manquant de souplesse, le ténor de Lawrence Brownlee, à la technique pourtant admirable, trop avare de nuances pour séduire. C’est donc la prima donna qui rend l’écoute indispensable : une Lisette Oropesa dont le timbre limpide et fruité épouse les fluctuations émotionnelles d’Elvire, avec une pureté virginale et un frémissement de chaque instant qui vous feront chavirer.
LES PURITAINS, opéra en trois actes de Vincenzo Bellini – Orchestre Philharmonique de Dresde, dir. Riccardo Frizza – 3 CDs, 28,67 €





