Comment les féministes occidentales peuvent-elles être en faveur de l’islam, ou à tout le moins ne jamais oser critiquer la place de la femme dans la religion musulmane ? Pourquoi une telle détermination à combattre les regards appuyés du quadragénaire blanc à la drague pataude mais un silence gêné lors de l’affaire Mila ? C’est avant tout une histoire de messianisme, comme expliqué dans un autre article. Dans l’idéologie féministe, il y a un discours aux relents marxistes : opprimés de tous les pays unissez-vous, ou pour les intimes : opprimés par l’affreux mâle blanc hétéro unissez-vous. Dans cette pensée, le musulman fait partie des opprimés, il est aussi confondu avec ceux qu’elles dénomment les « racisés » (comprendre les Noirs et les Maghrébins), et critiquer l’islam revient dans leur cerveau à critiquer un opprimé. Il y a une cohérence dans l’incohérence, ainsi pour elles critiquer l’islam revient à être raciste. Ne me demandez pas pourquoi, c’est comme ça. Alors, voilà nos chères féministes prises dans l’étau de leurs dissonances cognitives, étant réduites à jongler dans des exercices d’équilibristes pour maintenir un semblant d’unité.
Car, un problème a tôt fait d’apparaître lorsqu’on essaie de faire converger lutte pour l’émancipation des femmes et lutte pour les droits, ou plutôt l’extension des droits, des minorités ethniques. Il faut se rendre à l’évidence : les diasporas arabo-musulmane et subsaharienne (puisqu’il ne s’agit toujours que d’elles, les Asiatiques sont les grands absents du débat antiraciste et féministe) aspirent bien souvent à importer leurs traditions et vivre selon les mœurs de leur pays d’origine plutôt qu’à devenir des assimilés du pays où ils se trouvent. Les jeunes de ces diasporas s’identifient pour beaucoup comme appartenant à leur pays d’origine et rejettent la culture française, prônant un communautariste retour aux sources factice, se montrant parfois plus attachés à l’idée de vivre à l’heure nord-africaine et africaine que leurs parents. Et les traditions et coutumes de ces régions du monde entrent en totale contradiction avec le féminisme de troisième vague, et plus particulièrement l’islam.
Cette religion est fondée sur une ségrégation sexuelle stricte, insistant à diverses reprises dans son livre saint sur l’inégalité naturelle entre l’homme et la femme
Cette religion est fondée sur une ségrégation sexuelle stricte, insistant à diverses reprises dans son livre saint sur l’inégalité naturelle entre l’homme et la femme : « […] Quant à elles, elles ont des droits équivalents à leurs obligations, conformément à la bienséance. Mais les hommes ont cependant une prédominance sur elles […] » Coran sourate 2 verset 228 et « Les hommes ont autorité sur les femmes, en raison des faveurs qu’Allah accorde à ceux-là sur celles-ci, et aussi à cause des dépenses qu’ils font de leurs biens. Les femmes vertueuses sont obéissantes (à leurs maris), et protègent ce qui doit être protégé, pendant l’absence de leurs époux, avec la protection d’Allah. Et quant à celles dont vous craignez la désobéissance, exhortez-les, éloignez-vous d’elles dans leurs lits et frappez-les. Si elles arrivent à vous obéir, alors ne cherchez plus de voie contre elles, car Allah est certes, Haut et Grand ! » Coran sourate 4 verset 34.
L’islam stipule clairement l’obligation à l’obéissance de la femme à son époux, insistant à tel point sur cette obéissance qu’il autorise même l’époux à remédier à une défaillance de sa femme par le châtiment corporel. Les hypocrites vous diront qu’il suffit d’interpréter le verset et que les coups du mari n’ont pas pour objectif de faire mal, mais même un enfant de cinq ans aurait la clairvoyance de comprendre qu’un châtiment quel qu’il soit a toujours pour objectif une souffrance, et qu’un châtiment indolore est un non-sens. La vérité est que vous pouvez interpréter le Coran dans tous les sens que vous voudrez, vous ne parviendrez jamais à faire dire de « Les hommes ont autorité sur les femmes, en raison des faveurs qu’Allah accorde à ceux-là sur celles-ci » qu’il signifie l’exact inverse, à savoir que la femme est l’égale de l’homme.
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Si ce n’est par ce qui a été évoqué précédemment, comment donc expliquer l’engouement des néoféministes pour cet islam qui incarne tout ce qu’elles rejettent avec force : l’inégalité de statut, la soumission et la virginité de l’épouse, l’impunité dans la violence conjugale, la toute-puissance du mari et une différenciation sexuelle claire et nette ? Comment expliquer que les néoféministes exhibent le voile islamique, signe distinctif des femmes « pudiques », comme un symbole de liberté des femmes quand ailleurs dans le monde, des femmes sont emprisonnées pour ne pas l’avoir porté ? Comment expliquer que, parmi toutes les violences infligées en toute légalité ou presque contre la liberté des femmes dans le monde arabo-musulman, les néoféministes s’obstinent à voir le mal incarné dans la Française catholique qui va à la messe ? Pourquoi cette haine obsessionnelle de l’Occident, seule région du monde où les droits des femmes et des LGBT sont assurés par la loi (essayez de parler de mariage gay à un Somalien ou un Qatari et vous verrez), et un silence criminel lorsque les dix pires pays pour les droits des femmes selon le Forum économique mondial sont tous sans exception des pays musulmans ?
Si l’on se veut défenseur de la femme, il faudrait s’armer d’un peu de courage et regarder les choses en face, en l’occurrence questionner la place de celle-ci dans les pratiques islamiques quand le communautarisme musulman se fait plus virulent dans nos pays et entre en totale contradiction avec les droits acquis par les femmes. Chères féministes, enlevez un peu vos œillères idéologiques et osez affronter les réels tenants d’une vision dégradante de la femme. De toute façon c’est un leurre, il ne peut y avoir de réelle convergence des luttes entre le musulman et la féministe, tant leurs visions divergent. C’est le problème à ratisser large, on finit par ratisser ses ennemis, jusqu’à ce que ces derniers ne se retournent contre nous ; c’est là que le bas blesse pour la portée universaliste du messianisme féministe.





