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La fiction du patriarcat en Occident

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Publié le

22 juillet 2020

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La dénonciation du patriarcat est la clef de voûte du discours féministe contemporain, qui croit le voir dans tous les recoins de l’existence. Malgré tout, il ne définit jamais précisément ce concept et ne s’interroge pas sur son applicabilité à la société actuelle. Mise au point sur l’écueil de ce vain acharnement contre un patriarcat fantasmé.
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Revenons sur un terme cher aux néoféministes : le patriarcat. Étymologiquement, il s’agit de la contraction des termes grecs « patria » désignant la lignée paternelle et « arkho », désignant le commandement et le fait d’être chef. Littéralement, le commandement au père. Ce système suppose plusieurs choses. Premièrement, que le pouvoir se transmet du père vers le fils, délaissant ainsi les femmes du partage des biens, du commandement du clan familial et la généalogie. Deuxièmement, par extension au pouvoir qu’il détient au sein de son foyer, le père détient le pouvoir au sein de la société tout entière : dans les institutions, le clergé, le milieu intellectuel. Troisièmement, par voie de conséquence aux deux premières conditions, que les femmes sont exclues de la sphère de pouvoir et ne transmettent rien dans leur lignée. L’enfant appartient à l’homme, voilà concrètement la fondation d’un système patriarcal. Il est donc parfaitement absurde de parler de patriarcat dans l’Occident moderne, où la femme peut autant décider du sort et de la garde de ses enfants, où l’autorité et les droits parentaux sont également partagés (mais pas toujours équitablement, quand on sait que les femmes sont souvent largement gagnantes dans les affaires de divorce et de partage de gardes des enfants), où la femme a autant le droit qu’un homme d’accéder à une position de pouvoir au sein des entreprises et des institutions et où il n’existe aucune différence de traitement sur le plan juridique entre les hommes et les femmes.

Mais même devant l’évidence les féministes actuelles vous rétorqueraient qu’il s’agirait d’une définition trop réductrice du patriarcat, puisque selon elles il s’agit d’un système qui s’infiltre dans toutes les sphères de la vie quotidienne, dans votre mental, dans votre rapport au corps, dans votre langage, jusque dans votre nourriture. Tout est patriarcal, le patriarcat est partout, tout le temps.

Mais comment, se dit celui qui observe le monde de Metoo, de Balance ton porc et de la Women’s March, comment peut-on croire à une quelconque oppression systémique en Occident, malgré toutes les preuves du contraire ?

C’est une sorte de gaz toxique inodore, incolore, insipide, mais qui serait omniprésent. Même le déneigement serait patriarcal selon Caroline Criado Perez, féministe de troisième vague intimement convaincue que l’Occident actuel opprime encore largement les femmes, malgré une totale égalité juridique, pléthore d’associations féministes payées par l’État (citez-moi une seule association de défense des droits des hommes subventionnée par le gouvernement, vous n’en trouverez aucune), une défense de tous les instants du féminisme dans les médias et une féminisation grandissante de la vie publique. Mais comment, se dit celui qui observe le monde de Metoo, de Balance ton porc et de la Women’s March, comment peut-on croire à une quelconque oppression systémique en Occident, malgré toutes les preuves du contraire ?

Pour le comprendre il faut vraiment appréhender le féminisme comme une idéologie et même comme une religion. Pour s’établir et régner, le féminisme a besoin de fictions, de mythes communs qui puissent fédérer ses adeptes. Au sein de la nouvelle religion féministe, le patriarcat est le fantasme central, un des mythes fondateurs, un totem leur permettant de repousser quiconque s’approcherait, et en lieu et place du Christ, la femme incarne la pureté du martyr sur la croix, victime de ce fameux patriarcat fantasmé. La femme ne peut avoir que des effets positifs sur le monde. Aucune erreur, aucune méprise, aucune faiblesse. La femme au pouvoir ne peut être que juste, clémente, vertueuse et pacifique (mais que dire de Margaret Thatcher, Isabelle la Catholique, Ranavalona, Wu Zetian, etc). Dans la religion féministe les actions des femmes sont posées comme parfaites et légitimes, n’appelant pas la critique. Les actions des hommes sont systématiquement posées comme mauvaises, suspectes, mal intentionnés, sales, perverses…  Ainsi, en fonction du sexe, on associe le bien et le mal et on ne juge plus les actions. Car en se libérant (ou plutôt en croyant se libérer), la femme a cru qu’elle pouvait échapper aux conséquences de ses actions, échapper à la responsabilité, qui va pourtant de paire avec la liberté.

Lire aussi : Féminisme et néochristianisme

Par conséquent, la féministe actuelle revendique le fait de se comporter comme une gamine irresponsable qui fait tout reposer sur les épaules de papa. La féministe veut être libre d’agir, mais interdit la liberté de la critiquer, de juger ses actes. Or, dans un système réellement patriarcal, cela serait possible. Nos sociétés sont guidées par d’éternels ados en crise qui veulent tout et son contraire et devant lesquels les parents s’écrasent en se disant que s’ils leur permettent de « s’exprimer librement », ils finiront par se trouver.

Au lieu de séduire par sa grandeur, on émeut par sa faiblesse parce que c’est tout ce qu’on a à offrir, et ainsi se complaît-on dans le discours victimaire, la bassesse, la fainéantise intellectuelle et la médiocrité d’action.

Sauf qu’on ne peut pas se trouver si l’on n’a pas de repères, de bases, de fondations de civilisation. Et tout cela, ça passe par la connaissance. Sinon, on se met à lâcher des énormités historiques du style « seuls les Blancs peuvent être racistes » ou « le mariage opprime la femme ». Les médiocres usent de la stratégie du chien galeux : quand ils comprennent qu’ils ne savent rien faire de bon, ils se vantent de ce qu’ils n’arrivent pas à faire. Au lieu de séduire par sa grandeur, on émeut par sa faiblesse parce que c’est tout ce qu’on a à offrir, et ainsi se complaît-on dans le discours victimaire, la bassesse, la fainéantise intellectuelle et la médiocrité d’action.

Grâce à ces informations, à ces critères, à ces orientations, on peut conclure que le patriarcat qu’elles agitent comme un totem n’est qu’un spectre, un fantôme, qui n’existe plus. Il n’est plus actif, plus dominant, plus vivant. On peut librement l’attaquer sans rien risquer, la preuve avec ces guérilleros de 15 ans tout frêles ou ces journalistes qui clament à longueur d’articles leurs « revendications ». Il existe aujourd’hui des modèles, des sociétés, qui véhiculent des systèmes patriarcaux, mais pas en Occident, ou alors dans certaines zones de non-droit de l’Occident, là où la loi islamique prend le dessus sur la loi républicaine. Mais jamais une féministe ne le dénoncera, bien au contraire, et on verra pourquoi une autre fois.

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