Taguieff définit l’islamo-gauchisme comme étant une expression « qui autorise à rapprocher gauchistes et islamistes par des alliances stratégiques, des convergences idéologiques, des ennemis communs, des visées révolutionnaires partagées ». Ce concept, pour une fois proposé par le camp conservateur, fait la une des médias. Les uns arguant qu’il est scientifiquement faux, les autres qu’il est ancré dans la réalité.
Une alliance illogique
Du haut de leur bureau du CNRS, les chercheurs, en regardant les données, concluent que l’alliance de l’islam et de la gauche est impossible. L’un refuse la distinction entre le spirituel et le temporel, l’autre refuse le fait religieux dans l’espace public par un laïcisme exacerbé. Le premier élimine les avancées sociétales que le second promeut jusqu’à insulter ses adversaires de tous les « -ismes » imaginables. Il est vrai de dire que ce concept n’a pas de réalité scientifique. Nous avons face à nous deux ennemis inconciliables.
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Seulement voilà, la réalité a ses concepts que le CNRS ignore. Si Carl Schmitt et Julian Freund semblent ici intéressants dans la désignation de l’ennemi et son caractère « partisan », il faut plutôt se tourner vers René Girard pour saisir la puissance de cette alliance illogique en théorie, mais réelle sur le terrain. En désignant le même ennemi, les deux camps se trouvent réunis du même côté de l’échiquier politique : celui de l’anti France.
Une rivalité mimétique
Cependant, l’adversaire ne porte pas le même nom dans les deux camps. Pour le gauchisme, il se nomme le patriarcat, l’homme blanc, le dominant ; pour l’islam c’est le croisé, le chrétien, l’occident.
Selon la théorie girardienne de la rivalité mimétique, deux êtres ou entités qui désirent le même objet vont d’abord se désirer l’un l’autre. Ainsi, la gauche et l’islam désirant le pouvoir, il va se créer entre eux un phénomène de rapprochement inconscient. Pour renforcer cela, le bouc émissaire va lier les entités et niveler les contradictions. Peu importe nos divergences si grandes soient-elles, notre désir de pouvoir est trop grand et notre ennemi commun trop puissant. Plus tard, le sang de cette victime devra couler ; c’est ce que l’on voit dans les attentats en France ou dans le monde, la victime rédemptrice étant bien souvent chrétienne, d’orient, d’occident, ou simplement culturelle, on sait maintenant qui est visé par le processus en cours. Le sang versé renforcera le lien entre islam et gauchisme. Enfin, l’objet du désir disparaîtra pour laisser place à la rivalité entre les protagonistes. Le désir se déplace et l’on oublie l’objet de départ, le seul but est l’élimination de l’autre.
Pour l’islam, la gauche est un idiot utile parfait pour prendre le pouvoir politique. Par gauchisme pro-victimaire, les tenants de la gauche ne voient pas l’islam dans la masse immigrée mais le pauvre et l’opprimé
Pour l’islam, la gauche est un idiot utile parfait pour prendre le pouvoir politique. Par gauchisme pro-victimaire, les tenants de la gauche ne voient pas l’islam dans la masse immigrée mais le pauvre et l’opprimé. Nul doute que l’alliance terminée, la gauche sera la première à être sacrifiée par l’islam, elle sera balayée comme le marchepied dont on a plus besoin lorsque l’on grandit.





