LMPT : réfléchir et manifester !

© DR

Les évêques de France manient une casuistique digne du plus grand jésuitisme. Après les paroles courageuses de Mgr Aupetit et du président de la conférence des évêques de France, Mgr Éric de Moulins-Beaufort, appelant à battre le pavé parisien le 6 octobre prochain contre la PMA, l’institution a décidé de rétropédaler piteusement.

 

Dans une interview donnée hier au Parisien, le père Thierry Magnin, porte-parole de la conférence des évêques de France, a dénié toute volonté épiscopale de soutenir la manifestation emmenée par LMPT et vingt autres associations : « se manifester oui, aller manifester le 6 octobre, ce n’est pas à nous de le dire?» estime-t-il dans une formule alambiquée qui résonne comme un mauvais élément de langage de sous-communicant propre à semer le trouble et la confusion. Une fois de plus, l’institution donne le sentiment de vouloir rester en retrait, comme gênée par l’audace de plusieurs – et non des moindres – de ses membres. Preuve s’il en est des tensions qui agitent en ce moment l’épiscopat. Par sa pleutrerie, la CEF s’éloigne de plus en plus de la masse des fidèles, et surtout des jeunes générations.

Par sa pleutrerie, la CEF s’éloigne de plus en plus de la masse des fidèles, et surtout des jeunes générations.

Pendant ce temps, la Manif pour Tous s’organise. D’abord ce weekend où elle tient son université de rentrée à laquelle il est encore possible de s’inscrire (plus de renseignements ici). Organisée dans les Yvelines samedi 21 septembre, elle donnera lieu à un face à face entre Laurent Alexandre (médecin spécialiste du transhumanisme et fondateur de Doctissimo) et la philosophe Bérénice Levet ainsi que de nombreuses interventions de personnalités parmi lesquelles la philosophe Chantal Delsol, le magistrat émérite Philippe Bilger, le syndicaliste Joseph Thouvenel, l’écrivain André Bercoff ou encore l’avocat Gilles-William Goldnadel. LMPT a en effet le souci d’ancrer son action dans une réflexion de fond qui a le mérite de poser les vraies questions et d’interroger notre société sur sa volonté prométhéenne de dépasser toujours plus les limites de la condition humaine en niant la filiation et en transgressant la loi naturelle.

 

Lire aussi : Ludovine de la Rochère : « L’homme ne peut être réduit à un distributeur de sperme »

 

Vient ensuite le temps de l’action, dimanche 6 octobre, où nos concitoyens sont appelés à se rendre en masse dans les rues de la capitale afin d’instaurer un rapport de force avec le gouvernement. Face à ceux qui partent battus d’avance, on rappellera qu’Emmanuel Macron, déjà affaibli par la crise des Gilets jaunes, est hanté par le souvenir du mouvement social de 2013 qu’il ne souhaite absolument pas voir se reproduire. D’où son entreprise grossière de séduction du monde catholique aux Bernardins en avril 2018, d’où aussi le décalage d’une année du projet de loi dans le calendrier parlementaire. Le président n’est pas, non plus, sans savoir qu’il compte – hélas – de nombreux catholiques au sein de son électorat. Le rapport de force est donc paradoxalement, et en dépit de tous les esprits capitulards, beaucoup plus favorable aujourd’hui à LMPT qu’il y a sept ans. Sachons donc saisir cette occasion pour faire masse le 6 octobre !

Essayiste

bdumoulin@lincorrect.org

Pin It on Pinterest

Share This