Vous organisez ce lundi 7 juin et le mardi 8 juin deux manifestations place Edouard Herriot à 19h. Qu’attendez-vous de ces rassemblements ?
Ils visent à s’adresser aux députés et à leur rappeler, fort simplement, que tous les enfants ont un père et une mère, et naissent d’un homme et d’une femme. La République ne peut pas, sciemment, faire des enfants orphelins de père. Elle doit protéger ces enfants, y compris ceux qui sont nés par PMA. Il s’agit également de montrer au gouvernement que nous ne baissons pas les bras face à l’injustice et à la honte de ce texte. Il faut défendre le plus faible, le plus vulnérable. Il en va de l’un des piliers de notre civilisation. Quelle société peut priver l’enfant d’un père, et ce pour toute sa vie ?
Le texte, en reconnaissant la filiation d’intention des enfants nés de GPA à l’étranger, va faciliter la GPA puisqu’elle en reconnaît de fait le principe
Au-delà de la PMA pour toutes, quels sont les autres enjeux du projet de loi ?
Il y a beaucoup d’autres aspects dans ce projet de loi, en particulier celui de la filiation : il sera inscrit deux fois « mère » sur les actes de naissance des enfants concernés. Tout cela relève de l’idéologie. Le texte, en reconnaissant la filiation d’intention des enfants nés de GPA à l’étranger, va faciliter la GPA puisqu’elle en reconnaît de fait le principe. À cela s’ajoute la création d’embryons humains génétiquement modifiés, d’embryons chimères, et de gamètes artificiels. L’exécutif et la majorité, qui se prétendent respectueux des femmes et de l’écologie, vont absolument à l’encontre du respect des femmes, des hommes et de l’environnement puisque chaque être fait partie d’un écosystème plus large qu’il faut protéger. Nous invitons les députés à la sagesse et à la raison.
En commission spéciale, les députés ont voté contre l’allongement de l’IVG à neuf mois de grossesse. Cela doit-il nourrir une forme d’optimisme ?
Ils ont voté en commission spéciale. Les sénateurs l’avaient retiré. Les députés n’ont pas réinscrit dans le texte le motif de détresse psycho-sociale simplement parce que cet acte est déjà pratiqué. L’on considère le psycho-social sous l’angle médical, et il y a déjà 25 % des IMG qui se font sur des motifs psychologiques ou psychiatrique. Malgré tout, la situation est très préoccupante. Par ailleurs, il y a un amendement en vue des débats en assemblée générale qui veut tenter de réinscrire ce motif psycho-social pour que cela soit directement dans la loi.
Il faut aussi parler des députés, notamment de la majorité, qui subissent des pressions politiques les poussant à voter en faveur du projet de loi.
La droite a déposé près de deux-tiers des 1550 amendements. Croyez-vous à une modification en profondeur, voire à un retrait du projet de loi ?
C’est encore possible. Une partie de la droite s’implique sur le sujet. J’espère que cette fois-ci, ce que l’on appelle l’extrême droite sera présente pour ce débat civilisationnel. Le Rassemblement national se préoccupe d’immigration, d’islamisme, mais les questions anthropologiques et sociétales sont également des questions cruciales pour notre société. Il est important que tous ceux qui comprennent ces enjeux soient des acteurs, quels que soient les partis politiques. Les écologistes devraient, en principe, réaliser que le respect de le nature implique de ne pas voter ce projet de loi. L’extrême gauche, historiquement opposée au libéralisme, devrait comprendre que la PMA sans père amène à la GPA et donc à la marchandisation humaine. Il faut aussi parler des députés, notamment de la majorité, qui subissent des pressions politiques les poussant à voter en faveur du projet de loi. Nous les appelons à se libérer de cette pression, à agir et à voter en conscience. Si les députés font preuve d’un peu de courage, il peut y avoir un bouleversement.
Une manifestation nationale sera-t-elle organisée en cas d’adoption du projet de loi par l’Assemblée nationale ?
Le projet doit théoriquement être débattu jusqu’à fin juillet, mais Olivier Véran et la majorité souhaitent clairement accélérer le processus. Il sera donc compliqué d’organiser une manifestation nationale. S’il y a d’autres actions, nous les annoncerons durant les débats à l’Assemblée nationale.
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Comment les Français peuvent-il agir pour contrer ce projet de loi ?
Ils peuvent signer une pétition présente sur le site de l’Assemblée nationale et qui demande aux députés de préciser explicitement dans la loi que l’enfant doit avoir un père et une mère. Cette pétition est très importante puisqu’avec le projet de loi bioéthique, on pourrait inscrire sur l’acte de naissance d’un enfant qu’il a deux mères. Il faut préciser dans la loi que le terme « parent » désigne bien le père et la mère de l’enfant, d’ailleurs le droit le considère comme tel. Cette pétition remet en cause l’un des principaux aspects du projet de loi bioéthique. Il est important de la signer !





