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Partout, les saints : Luigi et Maria Beltrame Quattrocchi

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Publié le

4 janvier 2021

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Ils ont tout partagé sur Terre, désormais ils partagent tout dans l’au-delà. Luigi et Maria Beltrame sont le premier couple à être béatifié en tant que couple. Une histoire passionnée, bien loin des clichés pourris qu’on essaye de nous refourguer sur l’amour chrétien.

A force de regarder des superproductions de merde scriptées par des frustrés en surpoids, on en vient à croire que l’amour entre un homme et une femme, c’est chiant. Au mieux. Au pire ça produit des terroristes en puissance, des enfants toqués, des futurs rejetons de la turbo-giga-ultra-droite. L’amour en 2020, c’est minimum trois personnes, avec le panachage le plus éclectique possible.

Mais Luigi et Maria se marrent bien en voyant ça, depuis le paradis où ils veillent sur des couples hétéros cisgenres (c’est comme ça qu’on dit « dans la norme » aujourd’hui). Luigi et Maria se sont rencontrés en Italie, à Rome (histoire d’être bien sûrs que c’est Dieu qui les a rassemblés) en 1902. Il a 22 ans, elle 18. Ils se fiancent rapidement, et resteront fiancés durant trois ans. Trois longues années pendant lesquelles les tourtereaux s’échangeront des courriers passionnés et flamboyants, débordant d’un amour infini, écrits dans le plus beau des Italiens.

De ces quatre enfants, tous embrasseront embrasseront des vœux sacerdotaux. Quarté gagnant, mais difficile à encaisser pour le daron : il versera sa larme de tristesse et de joie, secrètement, lorsque sa première fille Stefania prononcera les mots qui la consacreront à Dieu.

« Vie terrestre, vécue dans la pensée permanente inspirée par Dieu lui-même de rendre heureuse la personne qu’on aime, pour ce qui dépend de soi. D’embellir, avec sa propre trame de délicatesse et d’amour, la chaîne faite d’une consistance virile moins tournée vers les détails mais toute portée au don de soi. Et partage profond de tout le reste, même des nuances qui étreignent le cœur de la femme, partage qui grandit avec les années, à mesure que la trame est mieux ressentie et mieux comprise, fil par fil, pour former le tissu merveilleux qui résulte de l’ensemble des deux […] Fil par fil, entrelacés en Dieu l’un avec l’autre, sans intervalles, jamais, jusqu’à l’éternité ».

Ça change des snaps en carton de dArKsAsuKexxXXx et autres « JTm bb » envoyés à trois mecs pour voir lequel réagira. Rien à voir avec un amour gnangnan passé à s’évanouir dès que l’autre s’approche : les époux Beltrame s’égueulent et se pardonnent. Maria reproche à Luigi de cloper comme un pompier, Luigi voit parfois Dieu comme un rival qui veut lui chourer sa femme. Puis ses mômes. Ils auront quatre enfants – la petite dernière, Enrichetta, étant une survivante : les médecins voulaient procéder à un avortement car la grossesse devenait précaire. De ces quatre enfants, tous embrasseront embrasseront des vœux sacerdotaux. Quarté gagnant, mais difficile à encaisser pour le daron : il versera sa larme de tristesse et de joie, secrètement, lorsque sa première fille Stefania prononcera les mots qui la consacreront à Dieu.

En même temps, ils cherchent la merde : leur journée ne commence qu’à la sortie de la messe du matin. Tous les matins. Il est donc physiquement possible de vivre sans grasse matinée, aussi surprenant que ça paraisse. Avec une détermination pareille, pas étonnant que leurs quatre enfants aient rejoint les ordres. Leur dévotion rayonne autour d’eux : leur engagement de foi se traduit en actions. Luigi, avocat brillant, voit sa carrière bridée lors de l’ascension d’un fascisme qu’il refuse de cautionner. Chez les Beltrame, pas de léchage de bottes, fussent-elles bruyantes. Durant la Deuxième Guerre, les Beltrame participeront activement aux soins des blessés, Maria en tant qu’infirmière et Luigi comme brancardier. Leur fidélité à leurs convictions est récompensée : en 1946, Luigi devient vice-avocat général de l’État italien.

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Sur le plan spirituel, le couple s’investit dans la préparation de jeunes fiancés pour le sacrement du mariage. On leur doit le développement de cette période d’union des cœurs avant l’union des corps : à l’époque, le consentement se préparait dans l’intimité, et pas à 13 ans en cours de SVT, où la moitié de la classe dort et l’autre ricane bêtement. Dieu ne ménage pas le couple : il enlève Luigi à Maria en 1951. Elle devra rester quatorze ans sur Terre loin de l’homme qu’elle aime. Mais la mort ne sépare pas tous les cœurs, et elle garde le sien uni à son mari par la prière. Elle rejoindra son époux en 1964, après avoir récité un dernier Angélus, juste au cas où.

On leur a reconnu le miracle d’une guérison, et le Pape Jean-Paul II rend le verdict de leur béatification. Avec une particularité unique : Maria n’est pas sainte en elle-même, Luigi n’est pas saint en lui-même. Leur couple est saint. Alors pour fêter cet amour presque divin, on les célèbre à la date de leur mariage, le 25 novembre. Chers lecteurs, si vous êtes en galère à enchaîner les rencards Tinder claqués au sol, demandez à Maria et Luigi de glisser un petit mot de votre part au Patron. On ne sait jamais.

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