Skip to content

Lupin : un beau loupé

Par

Publié le

10 janvier 2021

Partage

La série de Netflix tant annoncée qui devait rhabiller le gentleman cambrioleur en Omar Sy n’est ni le brûlot intersectionnel que certains redoutaient, ni le clinquant divertissement qu’il prétend être. Tout ça pour ça.

Le voici enfin, le fameux « Arsène Lupin d’Omar Sy », celui que brandissaient en étendard les racialistes de gauche il y a quelques mois, tout heureux d’annoncer qu’enfin « un noir » jouerait un héros français. Bien évidemment, certain accueillirent l’annonce comme une provocation, d’autant plus qu’Omar Sy se révéla en 2020 aussi désagréable à la ville qu’il peut être agréable à l’écran : entre appropriation culturelle du « Black lives matter », soutien au cirque Traoré et appel à la haine contre la police française, le tout depuis sa luxueuse villa de Los Angeles, cela faisait beaucoup pour un seul homme. Pardonnez-lui : l’Atlantique déchaîné et les incendies antifas obstruaient sans doute un tantinet la mire de sa longue vue.

Quelques énervés rétorquaient qu’en outre « un noir ne pouvait jouer Arsène Lupin ». Et « pourquoi pas Napoléon pendant que nous y sommes » ? Tout simplement parce qu’un héros imaginaire et un personnage historique ne doivent pas être considérés sur le même plan. Que Lupin réactualisé soit noir, qui ne s’en tamponne pas, à part Rokhaya Diallo, tant qu’il continue à cambrioler avec une galanterie transposée à une autre époque ? Et puis, quitte à vous divulgâcher un poil, Omar Sy n’est pas vraiment Arsène Lupin. Mais passons, voici donc que ce fameux Lupin débarque beau comme un sou neuf sur Netflix avec à sa tête Louis Letterier (pour les trois premiers épisodes), un réalisateur français qui fit ses classes chez Besson et se fit connaître du grand public avec le Transporteur, L’Incroyable Hulk et Insaisissables, soit une filmographie plus proche du blockbuster ricain des années 90 que du film propagande franchouille des années 2000…

UNE SÉRIE MOINS IDÉOLOGIQUE QU’ANNONCÉ

Oubliez la Belle Époque, les cannes et hauts de forme puisque le Lupin de Netflix pose ses valises dans le Paris d’aujourd’hui, et que Letterier a beau tournoyer à coup de drones autour de la capitale, allumer trois tonnes de projos et bosser l’étalonnage avec un scrupule millimétrique, notre époque ne rivalisera jamais en grâce avec 1900. Nous suivons donc Assane Diop, orphelin d’un immigré sénégalais, lequel a été condamné pour le vol d’un bijou à ses employeurs, s’est suicidé en prison et a laissé comme seul héritage à son fils un volume d’Arsène Lupin de Maurice Leblanc. De quoi ourdir une vengeance en bonne et due forme.

Si à l’anarchisme du célèbre cambrioleur a été substitué une lutte des classes modernes bien balourde, on ne perçoit pas pourtant une obsession d’inoculer de l’idéologie

Construit en flash-backs simplistes mais efficaces si on ne regarde que d’un œil, Lupin pioche chez Monte Cristo  pour narrer une histoire de revanche en dix épisodes (mais seulement cinq disponibles). Leblanc et Dumas : il y a pire comme référence, d’autant que cette série s’efforce, certes sans grand talent, de conserver l’esprit plutôt que de « déconstruire ». Si à l’anarchisme du célèbre cambrioleur a été substituée une lutte des classes modernes bien balourde et que le grand méchant est une caricature d’affreux capitaliste, patron de médias, raciste et misogyne (manquerait plus qu’il soit aussi de gauche et pédophile), on ne perçoit pas pourtant une obsession d’inoculer de l’idéologie, mais bien la volonté de divertir. Mais c’est là qu’est l’os.

PRÉVISIBLE ET SANS ÉCLAT

Sans être totalement mauvaise, la série ne passionne guère. Malgré son casting clinquant, Lupin ne scintille pas beaucoup. Omar Sy fait du Omar Sy, Nicole Garcia pointe avec autant d’enthousiasme qu’un ouvrier à la chaîne et Ludivine Sagnier semble déjà regretter le baroque de Sorrentino. Côté scénario, l’histoire se révèle sympathiquement prévisible, les auteurs ne s’embarrassant ni de crédibilité, ni des détails. Dès la moitié du deuxième épisode, on en est à penser qu’ils sont pressés d’en finir. Ça tombe bien, nous aussi, et ce n’est pas la caméra faussement agitée de Leterrier qui nous fera changer d’avis. Dispensable. Tout ça pour ça.

EN KIOSQUE

Soutenez l’incorrect

faites un don et défiscalisez !

En passant par notre partenaire

Credofunding, vous pouvez obtenir une

réduction d’impôts de 66% du montant de

votre don.

Retrouvez l’incorrect sur les réseaux sociaux

Les autres articles recommandés pour vous​

Restez informé, inscrivez-vous à notre Newsletter

Pin It on Pinterest