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Malgré une santé fragile, le pape François reprend son bâton de pèlerin

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Publié le

15 septembre 2021

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Invité en France cet automne, le pape François va préférer des « périphéries et les pays qui ont le plus besoin d’une visite ». Après le succès de son périple à Budapest et à Bratislava, il a lui-même annoncé des visites au Liban, à Malte, au Timor Oriental ou encore au Soudan du Sud. Des voyages à l’organisation millimétrée.
François

En mars dernier et malgré la pression de la Covid-19, le pape a décidé, en lien avec l’État iraquien de maintenir son déplacement à Ur – ville d’Abraham où Jean Paul II et Benoit XVI ont tous rêvé de se rendre sans y parvenir – puis à Qaraqosh – ville martyrisée par la guerre qui a vu la quasi-totalité de ses communautés chrétiennes s’exiler. À travers Mgr Dieudonné Datonou, prélat d’origine béninoise et en charge de l’organisation de ce voyage, François, qui s’est vacciné dès janvier 2021 contre la pandémie, a insisté pour qu’il soit maintenu. Le principal argument du Bureau chargé des voyages pontificaux était la mobilisation qui, compte tenu du nombre peu élevé de catholiques, « ne devrait pas être importante » et ne pas aggraver la situation sanitaire. L’organisation Aide à l’Église en détresse estime effectivement que « 90% des chrétiens ayant quitté le pays depuis l’invasion américaine », les chrétiens ne devraient pas « dépasser 150 000 ».

Un agenda 2022-2024 surchargé

Du haut de ses 84 ans, le souverain pontife a la santé fragile : il a été opéré du côlon en juillet dernier et a dû, contraint par une sciatique, renoncer à une rencontre avec le corps diplomatique accrédité au Vatican et à quelques célébrations en début d’année. Il a toutefois démenti toute idée de démission, et compte reprendre son bâton de pèlerin pour de nombreux déplacements dans les deux prochaines années. Selon plusieurs sources au Bureau en charge de l’organisation de ses déplacements et dépendant de la Secrétairerie d’État, « certains voyages sont importants pour lui et il devrait les faire ».

Lire aussi : Le pape François contre les tradis : entretien avec Christophe Geffroy

Il s’agit d’abord de visites au Liban et à Malte auxquelles François a déclaré « tenir ». Il avait d’ailleurs annoncé son intention de se rendre à La Valette en février 2020 avant d’être rattrapé par la pandémie. Idem pour le Liban, auquel il avait fait une promesse lors de la visite au Vatican du Premier ministre Saad Hariri, visite subordonnée « à la formation d’un gouvernement ». Le voyage prévu pour le Soudan du Sud avec Justin Welby, archevêque de Cantorbéry, a aussi dû être reporté alors que la diplomatie vaticane travaille activement pour le retour de la paix dans ce pays à grande majorité chrétienne. Compte tenu de la distance et de l’énergie que lui imposent des voyages en Amérique latine, le pape argentin a déjà prévenu la Secrétairerie d’État qu’il préfère s’y « rendre le moins possible », après les éprouvantes journées mondiales de la jeunesse (JMJ) au début de son pontificat en juillet 2013 au Brésil. Mais il devrait visiter l’Uruguay et l’Argentine, « si Dieu me le permet » a-t-il précisé. Il travaille assidûment aux JMJ initialement prévues en 2022 au Portugal et reportées à l’été 2023.

La France pour 2022 ?

La situation est bien différente de la France, fille aînée de l’Église, où François ne devrait pas se rendre au rassemblement ignatien prévu à la Toussaint à Marseille, malgré l’invitation du gouvernement et de l’épiscopat. Le projet avait pourtant bien avancé : François a toujours été très sensible à l’hexagone dont il parle couramment la langue et a été touché par la diligence avec laquelle Emmanuel Macron a reçu en juin 2018 le titre de « Chanoine d’honneur de Latran ». Et ce d’autant plus que son prédécesseur, François Hollande avait décliné cette distinction honorifique exclusivement réservée aux rois et présidents français depuis le XVIIe siècle.

Le pape François a toujours été très sensible à l’hexagone dont il parle couramment la langue et a été touché par la diligence avec laquelle Emmanuel Macron a reçu en juin 2018 le titre de « Chanoine d’honneur de Latran »

Le 7 décembre dernier, lors d’une rencontre avec le cardinal Pietro Parolin, équivalent de Premier ministre pour le Saint Siège et Mgr Paul Richard Gallagher, ministre des Affaires étrangères, Jean Yves Le Drian a invité officiellement le pape en France. En tant que chef d’État et leader spirituel, l’évêque de Rome ne se déplace qu’à la double invitation des évêques et du gouvernement du pays hôte. La veille de la visite du chef de la diplomatie française, la conférence épiscopale avait formellement invité le souverain pontife à Marseille. Finalement, le voyage n’aura pas lieu. « À cause de la pandémie et d’autres détails » concède-t-on à Rome. Si aucune date n’est évoquée pour 2022, le pape qui s’est déjà rendu en 2014 à Strasbourg au Parlement européen tient à faire une visite apostolique en France. Les évêques français en visite ad limina à Rome jusqu’au 3 octobre devraient évoquer le sujet avec le Saint Père.

Des voyages aux préparatifs complexes

Chacune des visites du pape est préparée de façon minutieuse. Deux délicates missions précèdent chaque déplacement. La première menée par le Nonce apostolique, ambassadeur du Vatican dans le pays concerné, et une seconde du Bureau d’organisations des voyages apostoliques. Cette dernière mission est dirigée par le « Shérif », surnom donné au chef d’organisation des voyages pontificaux, actuellement Mgr Dieudonné Datonou. Le prélat a d’ailleurs réussi avec brio son coup d’essai par le périlleux voyage en Irak en mars dernier. C’est aussi lui qui a coordonné le périple Budapest-Bratislava qui a pris fin ce mercredi 15 septembre.

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Sa mission est d’évaluer techniquement les enjeux sécuritaires, de faire le parcours que suivra le pontife pour en jauger l’effet physique, et d’identifier avec les évêques les sujets que pourrait aborder le vicaire du Christ pendant son séjour. Une mission complexe d’autant que le légendaire vol AZ 4000 d’Alitalia, qu’utilisent les papes depuis 1964 et qui ne change pas de numéro quelle que soit la destination, transporte aussi une délégation conséquente de prélats, un contingent sécuritaire, 60 à 80 journalistes et la célèbre papamobile. Un véritable arsenal de diplomatie et de sécurité.

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