Skip to content

Messieurs les censeurs, bonsoir !

Le passé de chroniqueur d'Eric Zemmour ne cessera jamais de le rattraper. Le 3 février dernier, un collectif d'historiens s'est réuni dans l'objectif de démonter des propos tenus par le candidat à la présidentielle, remontant parfois 15 ans en arrière pour parvenir à leur fin : décrédibiliser l'ex-polémiste.

Partage

© DR
Le 3 février dernier, Gallimard jeta un brûlot dans la marre électorale, en publiant, dans sa collection Tracts : Zemmour contre l’histoire ! Mais, « que diable allait-il faire dans cette galère ? ». Trente-quatrième opus de la collection, depuis sa renaissance en 2019, le pamphlet détonne et contraste fortement avec la profondeur de vue qui y est habituellement de mise – emportant la satisfaction quand ce n’est la conviction ! Un collectif de seize historiens, improvisé pour l’occasion, se propose d’ « oppos?er??ses? savoirs, collectivement construits, avec fermeté et sérénité » aux « outrances » du, désormais, candidat à la magistrature suprême. Ce n’est pas l’idée abstraite de départ, en tant que telle, qui est dérangeante. On peut bien évidemment se complaire que des spécialistes veuillent réaffirmer, rectifier, corriger… des faits dont ils ont connaissance et preuves. Cela appellerait, sans doute, plus ample réflexion sur le rôle de l’Histoire dans les échéances politiques et la place de l’historien dans le débat démocratique. Mais, à l’heure où les médecins sont omniprésents dans la parole publique, il serait de bien mauvais aloi de la refuser à d’autres disciplines. Encore faudrait-il que la méthode soit irréprochable et qu’il soit exact que « la recherche du vrai dans le passé force à la modestie ». C’est ici un autre sujet, car nous parlons d’un autre objet, d’un tout autre projet. En effet, ce qui heurte plus authentiquement, est l’intention réelle, à peine voilée, de nos censeurs. Loin de renvoyer histoire et politique dos à dos, ils en proposent plutôt une imbrication qui les satisfasse plus que celle dont ils accusent Monsieur Zemmour. Or, à la lecture, on s’aperçoit bien vite que le propos n’est pas tant « Zemmour contre l’Histoire » que « des historiens contre Zemmour ». Il y a donc bien une visée politique – voire politicienne – dans cette soixantaine de pages. Elle perce assez vite le masque étroit d’objectivité scientifique dont les auteurs s’affublent, pour transparaître dès le titre : Zemmour contre l’histoire ! Serait-il donc contre l’histoire comme d’autres sont contre le gasoil, le nucléaire ou la finance internationale ? [...]
La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ? Se connecter

Partage

En Kiosque
Rejoignez-nous

Newsletter

Pin It on Pinterest