Nicolas Sarkozy : « Mon amitié avec Viktor Orban m’a fait sortir de mon silence »

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Le Premier ministre hongrois, tout juste suspendu par le PPE, a pu compter sur son vieil ami français venu le voir à Budapest ce samedi.

 

Ce samedi 23 mars au matin, à l’occasion d’un colloque international, Nicolas Sarkozy est énergiquement intervenu en faveur de son ami Viktor Orban lors d’un petit discours d’une quinzaine de minutes, exercice dont il est friand. Parmi les nombreux invités de marque, on pouvait remarquer le journaliste Eric Zemmour et la philosophe Chantal Delsol, mais aussi Vaclav Klaus, ancien président de la République tchèque, Jaime Mayor Oreja, ancien ministre de l’Intérieur espagnol et ancien vice-président du groupe PPE au Parlement de Strasbourg et Alexander Downer, l’ancien ministre des Affaires étrangères australien. Beaucoup d’autres personnalités ont pu s’exprimer, telles que le néoconservateur américain Daniel Pipes et la réfugiée somalienne Ayaan Hirsi Ali.

Cette rencontre sur le thème des « migrations », cher au Premier ministre hongrois, et sous l’égide du Mathias Corvinius Collegium, prend une résonance particulière tandis que le centre-droit européen est de moins en moins à l’aise avec le chantre de la démocratie chrétienne illibérale. « On essaye de faire nos différences une force, c’est pour ça que je suis aux côtés de Viktor et du Fidesz », a précisé l’ancien Président français. « L’Europe ne doit pas être sectaire. Personne n’a de leçon à vous donner », a-t-il rappelé à son ami. « Quand on a des frontières, on doit les défendre ». Très offensif, le fondateur des Républicains a critiqué sans complexe l’Europe passoire de Schengen : « On ne peut plus faire de tourisme social en Europe. On ne peut pas aller en Europe pour toucher des allocations. Je suis favorable à ce que les aides sociales ne soient dues qu’à partir de 4 ou 5 années de présence ».

Nicolas Sarkozy : « L’Europe ne doit pas être sectaire. Personne n’a de leçon à vous donner »

Soucieux de ne pas rompre avec Emmanuel Macron, dont il reste proche et qui critique régulièrement le leader hongrois , Nicolas Sarkozy a envoyé un petit signal dans sa direction : « Emmanuel Macron a eu raison d’ouvrir le débat. Notamment sur Schengen. On ne peut pas garder les mêmes institutions à 6 qu’à 28 ». Nicolas Sarkozy a par ailleurs renouvelé certaines de ses propositions pour réformer les institutions européennes : « Il faut plusieurs Europe, celle de l’euro qui a besoin de plus d’intégration, celle de Schengen. Et il y a l’Europe de l’Union, qui aujourd’hui s’occupe de beaucoup trop de choses. Elle doit s’occuper du marché commun et de quelques politiques économiques. Tout le reste doit revenir aux États ».

 

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« Mon amitié avec Viktor m’a fait sortir de mon silence, a-t-il encore ajouté. L’Europe a besoin d’imagination. Je n’ai pas besoin de recevoir de leçon de défense de l’Europe à Bruxelles (…) On ne peut pas dire : je suis Européen mais je ne veux pas de cette Europe-là. L’Europe c’est le rassemblement et le compromis », a conclu Nicolas Sarkozy avant de céder la parole à Viktor Orban. Très écouté par Laurent Wauquiez et Angela Merkel, Nicolas Sarkozy continue de peser de tout son poids pour défendre le maintien du Fidesz au sein du PPE.

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mcheville@lincorrect.org

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