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Noël confiné, Pâques vacciné

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Publié le

2 décembre 2020

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Mariah Carey, la papesse de la pop ringarde de Noël, a officiellement annoncé le début des fêtes d’hiver. On est donc en droit de tapisser ses fenêtres de lumières en forme d’étoile ou de renne, en attendant que les coupures de courant de la Douma ne nous fassent opter pour l’ambiance bougies.
noel confiné

Ce Noël ne ressemblera à aucune autre de mémoire d’homme. Il y a un peu plus de cent ans, Français et Allemands avaient pu partager des cigarettes et une partie de foot en cette nuit spéciale. Aujourd’hui, même cela serait impossible, gestes barrières obligent. Si on n’y met pas du sien, on sera probablement deux ou trois à contempler un bout de rôti avant d’aller se vacher devant un programme généreusement offert avec vos impôts par le service public, figurant un Patrick Sébastien endimanché ou l’hologramme de Michel Drucker. Pour s’épargner cette gigantesque vague de déprime, on se prépare.

On installe Skype, Zoom, WhatsApp en avance chez mamie. Même si ça prend une après-midi complète au téléphone pour tout lui expliquer. Pour faire ça bien, on placera l’ordi côté sapin, pour faire une jolie capture d’écran le jour J, à défaut de la photo de famille traditionnelle.

On s’offre des oranges. Déjà pour éviter d’en rajouter : le confinement ne fait pas des merveilles pour la ligne, autant zapper tout de suite le chocolat et opter pour quelque chose de diététique. Ensuite pour ne pas ériger Amazon en unique sponsor de Noël. Et enfin pour pouvoir répliquer « moi aussi » aux boomers qui dégainent « je n’avais qu’une orange pour Noël, moi ! » comme s’il s’agissait d’un argument.

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On écrit des cartes de vœux. C’est raffiné, ça fait plaisir, et ça fait bosser les formules de politesse. En plus si on a une tribu, on met les loulous à contribution : peinture et stylos pailletés à volonté pour décorer les cartes !

On chine les messes clandestines. C’est évidemment interdit, nous déconseillons d’y aller, mais se tenir au courant n’est pas encore proscrit. Juste au cas où, pour savoir, par curiosité.

On mise tout sur l’ambiance. Santons dans la crèche qui prend la moitié du salon, l’autre moitié étant réservée au sapin croulant sous les guirlandes, musiques ultra kitsch en fond, pulls moches à base de bonhommes de neige et de pompons… Aucune breloque ne doit manquer à l’appel. Si vous n’avez pas de stock, certaines grandes enseignes livrent de quoi le faire soi-même. Ne vous reste plus qu’à chiner des tutos en ligne pour vous noyer dans la colle à bois et le bonheur.

On sape la table comme jamais. La vaisselle du mariage doit être sortie, et posée uniquement sur les chemins de table comme le faisaient nos grands-mères. S’il y a moins de deux couteaux par assiette, revoyez le menu.

On commande du foie gras. A un petit éleveur local de préférence. Un militant végan contrarié, c’est un peu comme un cadeau de Noël.

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