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Nucléaire, le retour en grâce

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20 mai 2022

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La guerre en Ukraine a eu le mérite de nous rappeler les nécessités de l’indépendance énergétique. Dans cette optique, la France dispose d’un atout majeur : le nucléaire.
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Le contexte géopolitique, avec la guerre en Ukraine, refait du nucléaire une énergie fréquentable, au point qu’Emmanuel Macron, qui avait peu manifesté jusqu’à présent son soutien pour la filière, a changé son fusil atomique d’épaule et annoncé la construction de 14 nouveaux réacteurs EPR d’ici à 2050. Pour Charles Thimon, auteur et réalisateur du documentaire Nucléaire, une énergie qui dérange (après Eoliennes, du rêve aux réalités), « le retour en grâce du nucléaire est intimement lié à la découverte du réchauffement climatique : le nucléaire produit à la demande une électricité bas carbone exigeant peu de matériaux et d’espace. Après avoir été un peu partout réévalué à cette aune, le nucléaire est revenu sur le devant de la scène, sauf en Europe où le lénifiant discours sur la “transition écologique” et l’influence allemande ont longtemps anesthésié tout sens critique. Ainsi sous le prétexte de faire baisser les prix et de nous affranchir des énergies fossiles, s’est construit un grand marché de l’électricité européen qui, couplé au développement massif d’énergies intermittentes, a fait flamber les factures et rendu l’UE plus dépendante du gaz ».

Lire aussi : Nucléaire, vingt ans d’aveuglement politique

Il faut bien garder à l’esprit, explique le documentariste, que « 85 % du gaz consommé en Europe est le fruit d’importations, et que vu sa proximité géographique avec la Russie, plus de 40 % des importations de gaz en UE sont en 2021 venues du pays dirigé par Vladimir Poutine. Pour conjurer ce dangereux dénuement, nous pourrions tout aussi bien utiliser l’uranium, qui ne représente que 5 % du coût d’un megawatt-heure et dont 44 % des réserves se situent dans des pays de l’OCDE ». Les temps changent néanmoins pour le nucléaire : « L’année 2021 aura au moins eu le mérite d’en finir avec certaines illusions, ajoute Charles Thimon. Conséquence du manque de vent, d’une reprise économique brutale, de la préemption du gaz liquéfié par l’Asie, des risques de pénurie et de la désorganisation des chaînes d’approvisionnement, l’ensemble des prix de l’énergie ont flambés en Europe et, avant même le début du conflit ukrainien, rien n’indiquait que ces hausses allaient s’arrêter. L’imbrication de ces crises traduit l’évidence de ce qu’on a oublié : l’énergie est la clef de voute de notre prospérité ; tendre vers l’indépendance n’a rien d’une lubie, il s’agit de la plus essentielle des nécessités. Peut-être cette situation permettra de réaliser qu’offrir la direction de la politique énergétique à des idéologues flattant l’écoanxiété de leur prochain conduit rarement à des lendemains qui chantent ».

Confrontée à la nécessité de diversifier son approvisionnement énergétique dans l’urgence, la France fait revenir le nucléaire en grâce, tout comme certains de ses voisins européens

Confrontée à la nécessité de diversifier son approvisionnement énergétique dans l’urgence, la France fait revenir le nucléaire en grâce, tout comme certains de ses voisins européens, tels que le Royaume-Uni, la Belgique ou l’Italie. « Avec un plan conséquent de construction de centrales et une solide direction de chantier, la France pourrait bien rapidement rattraper des années de tergiversations stratégiques et tirer son épingle du jeu » dans une Europe que l’énergie nucléaire dérange désormais un peu moins.


Nucléaire, une énergie qui dérange (1h56), de Charles Thimon, disponible en accès gratuit sur internet

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