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Nucléaire, vingt ans d’aveuglement politique

À l’heure où les pays européens, France en tête, voudraient trouver un moyen rapide de faire l’impasse sur le pétrole et le gaz russe, l’énergie nucléaire retrouve soudain son attractivité, au point que le président français annonce la construction de six nouveaux EPR d’ici 2040. Mais avons-nous encore le savoir-faire nécessaire ? Retour avec Bernard Accoyer sur deux décennies de lobbying antinucléaire aux lourdes conséquences.

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© Élysee.fr / Facebook Bernard Accoyer

Comment l’administration française a-t-elle évolué sur la question nucléaire depuis Nicolas Sarkozy?

Dès son élection à la présidence de la République en 2007, Nicolas Sarkozy a transféré au ministère de l’Environnement la compétence sur l’énergie. Ce choix organisationnel a pesé sur la politique énergétique de la France pour plusieurs raisons. Le ministère de l’Environnement a toujours vu les énergies sous l’angle de leurs nuisances environnementales avérées ou possibles et non comme une industrie nécessaire et stratégique. L’idéologie ou le parti pris antinucléaire ont acquis une influence dominante dans la plupart des services de ce ministère depuis 25 ans. Des ministres plus ou moins ouvertement antinucléaires ont été très majoritairement à la tête de ce ministère durant ce quart de siècle.

Nicolas Sarkozy candidat ayant signé le pacte écologique de Nicolas Hulot, le Grenelle de l’environnement en a découlé. À cette occasion, toutes les ONG antinucléaires ont pesé sur les choix énergétiques français en faveur du développement des énergies renouvelables (ENR) au détriment de l’énergie nucléaire.

Quel impact le lobbying anti-nucléaire allemand a-t-il eu en France et en Europe ? Quels intérêts représente-t-il ?

Le lobbying anti-nucléaire allemand a conduit d’abord le chancelier Gerhard Schröder (SPD) à décider en 1998 que l’Allemagne ne développerait plus d’usage de l’énergie nucléaire. L’Allemagne se désengage alors du projet franco-allemand d’EPR (European Pressure Reactor) lancé avec la France en 1992. Le même lobbying, pour la même raison politique de ménager la possibilité d’un accord de grande coalition avec les Verts, a conduit la chancelière (CDU) Angela Merkel à décider en 2011 de la sortie du nucléaire fin 2022. Elle a profité de l’émotion post Fukushima, mais elle a confirmé plus tard qu’il s’agissait d’un choix politique et non d’un choix de sûreté. [...]

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