À peine sorti des épreuves du baccalauréat et de la sélection Parcoursup, tout bachelier fait ses premiers pas dans l’enseignement supérieur pour y commencer ses études. Il s’en va ainsi rejoindre Hadès et Perséphone dans l’enfer des amphithéâtres pleins à craquer et les méandres des administrations universitaires.
Il fallait attendre que le député du Rassemblement national Roger Chudeau, ancien conseiller technique du ministre de l’Éducation nationale de 2005 à 2007 et du Premier ministre de 2007 à 2008, soit élu député dans le Loir-et-Cher en succédant à Guillaume Peltier pour qu’un représentant du peuple s’attaque de front à la plateforme Parcoursup et à l’examen du baccalauréat.
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Un système inéquitable et inefficace
Alors qu’il ne reste plus que quelques heures aux futurs bacheliers de 2023 pour confirmer leurs vœux sur le site, quel bilan peut-on tirer de la plateforme depuis sa mise en place en 2018 et son application en 2019 ? Destiné à remplacer Admission Post-Bac (APB), Parcoursup naît sous le ministère de Frédérique Vidal, alors à la tête de l’Enseignement supérieur. Le changement est brutal et rapide, sous la pression d’un Conseil d’État impatient. Le nouveau système est mis en place avant même que les deux chambres du Parlement n’aient débattu des nouvelles règles d’accès. On a déjà vu des réformes plus démocratiques.
Les premières contestations se font entendre dès le mois de décembre 2018. Comme à leur habitude, les lycéens se mettent à bloquer leurs lycées. C’est d’ailleurs à cette occasion qu’explose l’affaire des lycéens alignés et agenouillés, les mains derrière la tête, par des policiers venus rétablir l’ordre à Mantes-la-Jolie.
Et de fait, plusieurs problèmes rendent Parcoursup très critiquable. Roger Chudeau dénonce le procédé algorithmique du système d’affectation : « Le système fonctionne mais est inefficace puisqu’au bout de deux mois, il y a toujours 138 000 élèves sur le carreau. Lorsqu’en septembre, il reste une centaine d’élèves sans affectation alors ils sont affectés n’importe où pour faire du chiffre, ce qui est le principe même d’un algorithme. »
Le nouveau système est mis en place avant même que les deux chambres du Parlement n’aient débattu des nouvelles règles d’accès.
L’ancien conseiller technique pointe également du doigt le manque de place à l’université et accuse le gouvernement d’immobilisme : « Aujourd’hui, Parcoursup est indispensable car il n’y a pas assez de places dans nos universités. Chaque année, les universités françaises reçoivent en moyenne 40 000 étudiants de plus. Il faudrait construire presque une université par an mais le gouvernement ne fait rien. Il attend que la courbe démographique redescende ». Selon lui, il faut remplacer Parcoursup et cite Emmanuel Macron qui a reconnu en mars dernier sur M6 que le site « est une usine à stress pour les lycéens ».
Le bac : un examen pour rien
Aussi, le député souligne le fait que la procédure d’admission proposée par Parcoursup intervient tout au long de l’année de terminale et donc occupe l’esprit des élèves, davantage préoccupés par leur admission dans un établissement d’enseignement supérieur que par leur baccalauréat. « Parcoursup abîme l’année de terminale parce que seulement deux notes du bac sont prises en compte dans Parcoursup : les deux notes de spécialités. Les élèves ne pensent plus qu’à ces notes- là et une fois les épreuves passées en mars, ils ne vont plus en cours. C’est à cette période que le taux d’absentéisme est le plus élevé ». Et de conclure : « Parcoursup a réussi ce tour de force d’abîmer l’année de terminale et rendre le baccalauréat inutile ».
Après les constats viennent les solutions. Le « monsieur éducation de Marine Le Pen » a les siennes. Il propose que toutes les notes obtenues au baccalauréat soient retenues dans le système d’affectation, ce qui implique de décaler de quelques semaines les résultats des affectations. Aussi, il veut mettre en place une liste de préférence dans le but de répartir les projets d’orientation d’élèves plutôt que de laisser l’algorithme faire la répartition en fonction des places. Selon lui, son projet a un double enjeu : académique et social. Un enjeu académique puisqu’il permet d’entrer dans l’enseignement supérieur et oblige les élèves à travailler jusqu’au bout de leur dernière année de lycée. Un enjeu social parce qu’il permet de revaloriser le baccalauréat et le rendre plus exigent.
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Plus original, il propose également de mettre en place une année ou un semestre de propédeutique pour accompagner les étudiants de première année qui éprouvent des difficultés et qui ont un niveau trop juste pour entrer directement dans l’enseignement supérieur. En effet, 50% des étudiants ne valident pas leur première année d’étude. En clair, l’ambition de cette proposition de loi est de « supprimer Parcoursup, réhabiliter le baccalauréat, remettre l’étudiant au centre de son projet d’orientation et de sa réussite scolaire ». Vaste programme.





