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Partout, les saints : Bienheureux Niels Stensen (dit Nicolas Sténon)

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Publié le

1 octobre 2021

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Le parcours et la conversion du bienheureux Niels Stensen au catholicisme démontre que la science bien faite n’éloigne pas de Dieu, mais nous en rapproche.
Nicolas Sténon

Dieu et la science seraient adversaires ? Le bienheureux Neils Stensen nous explique pourquoi cette connerie n’est qu’un gros mytho de révolutionnaires rageux. Niels naît en 1638 à Copenhague, dans une pieuse famille de parpaillots, aussi étrangement surnommés « protestants ». Dès son plus jeune âge, Niels prouve que son cerveau tient davantage du Pentium 4 que d’une tondeuse à gazon. Comme tout bon élève, il se spécialise en sciences, et plus spécifiquement dans ce nouveau domaine appelé l’anatomie. Auparavant, on considérait que découper des morts à demi grignotés par les vers relevait davantage de l’asile que de la faculté de médecine. Stensen y voit au contraire un hommage au Tout-Puissant : « Si l’on refuse de regarder le travail de la nature, si on se contente de lire ce que d’autres ont écrit, on pèche contre la majesté de Dieu ». D’une seule punchline, il envoie bouler de concert les ringards superstitieux, et les scientifiques athées qui ne se prennent pas pour la moitié d’un confetti sous le prétexte douteux qu’ils auraient lu trois bouquins.

C’est un anatomiste accompli qui reçoit en 1663 son doctorat de médecine. Paris n’étant pas encore le dépotoir hidalguesque en vingt arrondissements qu’il deviendra, Niels le choisit comme lieu de travail pour ses recherches. Il met au point le protocole scientifique qui sert à bourrer le crâne des étudiants pendant deux bons siècles : « La vérité se cherche en lui confrontant des objections. Tant que ces objections tiennent, on ne doit cesser de rechercher cette vérité, et la confirmer par des preuves manifestes ».

Avec un taux aussi conséquent de matière grise au centimètre cube, Niels ne pouvait pas éternellement demeurer un allume-bûcher hérétique

Avec un taux aussi conséquent de matière grise au centimètre cube, Niels ne pouvait pas éternellement demeurer un allume-bûcher hérétique. Le Docteur fourre son ciboulot positif au contrôle technique dans des bouquins de théologie. Il faut le comprendre : depuis sa venue à Paris, il doit secrètement se vexer que les cathos fassent des cathédrales ne ressemblant ni à un hôpital désaffecté ni à une cabane en bois.

Il applique alors la même rigueur dans sa recherche de Dieu que dans sa recherche scientifique. Pour mieux se renseigner, il part à Florence, où tous les intellos de l’époque prennent la ville pour un genre de séminaire géant. Il parle avec plus de gens savants et admire de plus lourdes cathédrales. Mais cela ne le convainc pas, même s’il considère que les esprits les plus brillants sont (bien évidemment) cathos. Alors il squatte la bibliothèque municipale, cherche les rouleaux très poussiéreux rédigés en grec et en hébreu – parce que le latin est bien trop moderne, vous comprenez. Sa conclusion est en somme la suivante : « Je n’ai pu que me rendre à l’évidence ; ce que confessent les catholiques est la vérité ». C’était pourtant pas sorcier.

Sa recherche fut longue et sa conversion absolue. S’il poursuit ses travaux scientifiques, Niels sent la prêtrise l’appeler plus qu’une daronne pendant l’adolescence de son aîné. Durant cette période, il profite de son temps libre pour se pencher sur la géologie. Devant les roches, il s’émerveille de la perfection de l’œuvre divine. Et là aussi, il définit les bases de la discipline, étudiées encore aujourd’hui par nos gosses en terminale.

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Comme il n’est pas foutu de rater quoi que ce soit, il intègre le séminaire puis est ordonné prêtre en 1675. Il deviendra l’une des figures de la Contre-Réforme, aussi nommée « comment rendre leurs âmes à ces abrutis de parpaillots ».

Il maîtrise tellement son sujet que le pape le nomme évêque en 1677 et l’envoie ramener des hérétiques à la Vraie Foi dans le Grand Nord, à Hanovre puis Munster. Un duc un peu trop confiant veut se faire bien voir en lui refourguant un genre de Lamborghini de l’époque, à savoir un carrosse à six chevaux. Il refuse poliment : deux petits ânes lui suffiront pour se déplacer. Il donne tous ses biens aux pauvres et vit dans le dénuement, jusqu’à ce que la maladie le rattrape. Niels rejoindra le Père Éternel en 1686, à 48 ans. Son corps repose en la basilique Sainte Laurence à Florence. Le pape Jean-Paul II le béatifie en 1988. « Merveilleuses sont les choses qu’on voit, bien plus celle que l’on perçoit et plus encore celles que l’on ignore » nous dit Niels Stensen, le scientifique de Dieu.

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