Les adversaires de la foi sont généralement assez discrets sur la grandeur et l’exemplarité des catholiques africains. C’est du racisme de leur part, évidemment, mais ils ne le diront jamais. Religion de blancs, réputée imposée dans la cruauté, le catholicisme ne peut pas, ne doit pas, à leurs yeux, avoir donné à l’humanité des saints venus d’Afrique : ce serait, en creux, reconnaître que, comme son nom l’indique, le catholicisme est universel. Voyez par exemple la circonspection mauvaise qui entoure le cardinal Sarah, dont la presse aurait vite fait un nouveau Mandela s’il s’était aligné sur le wokisme bergoglien.
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Bref. Au Royaume de Buganda, au xixe siècle, on n’avait jamais entendu parler du Bon Dieu. Il y avait de la sorcellerie, du cannibalisme et de l’esclavage à cause des marchands arabes, et qu’on m’arrête à la sortie si ce que je dis n’est pas vrai. Deux pères blancs, les RR.PP. Lourdel et Livinhec, commencèrent d’évangéliser les terres du roi Mutesa, au sud de l’actuel Ouganda, et convertirent par l’exemple un certain nombre de ses sujets. Rapidement, bien sûr, les sorciers locaux virent d’un mauvais œil (sans jeu de mots) cette concurrence imprévue, et les pères blancs se retirèrent au sud du Lac Victoria, en compagnie de plusieurs convertis, jusqu’à la mort de Mutesa.
Le nouveau roi, Mwanga II, était initialement favorable à la religion catholique (en cela d’accord avec son peuple), et il fit revenir les pères en 1885, sous les acclamations. Cependant, il y avait à la cour de Mwanga deux lobbys très puissants : les sorciers et les LGBT. On n’appelait pas encore cela la NUPES. Méprisant les pratiques des seconds, le chef des pages, un excellent catholique nommé Joseph Mukasa, fut dénoncé par les premiers, qui l’accusèrent de complot. Mukasa fut exécuté sans jugement, et, quelques mois plus tard, le roi Mwanga, qui s’aperçut que la foi gagnait peu à peu son entourage, déclencha une persécution farouche contre les chrétiens, convaincu par ses conseillers qu’ils étaient séditieux.
Parmi les victimes de ces rafles et de ces massacres, qui seront en tout vingt-deux membres de l’entourage proche du palais entre 1885 et 1887, l’histoire retient celle de saint Charles Lwanga, à cause de sa nombreuse descendance spirituelle. En effet, cet homme admirable avait enseigné le catéchisme en secret aux pages de la cour royale. Dans la nuit du 2 juin 1886, il comprit, en entendant les tam-tams résonner toute la nuit, que son heure était venue, et qu’il allait servir d’exemple.
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Brûlé à petit feu, au sommet d’une colline, par un bourreau particulièrement sadique, il ne cessa de prier jusqu’au moment où, après des heures de calvaire, les flammes atteignirent son cœur. Les dernières paroles de saint Charles furent, d’une voix douce et confiante : « Mon Dieu ! Mon Dieu ! ». Après quoi il expira, son exemple de constance entraînant de nombreux catholiques ougandais à se dénoncer aux soldats, pour subir à leur tour le bûcher en défense de la Foi. L’un d’entre eux était, pour l’anecdote, le propre fils du bourreau.
Saint Pie X proclama vénérables dès 1912 saint Charles Lwanga et ses compagnons. Ils furent canonisés en 1964. Saint Charles est le patron des convertis, des catholiques africains et des victimes de torture, et il n’est pas exclu qu’il ait un peu de travail dans les temps qui viennent.





