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Partout, les saints : saint Maximilien Kolbe

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Publié le

21 novembre 2023

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« Entré au noviciat franciscain à treize ans, il prononce ses vœux perpétuels à vingt ans. Il est si brillant qu’on l’envoie étudier à Rome, en 1917, juste avant son ordination qui aura lieu en 1918. »
© Illustration de Romée de Saint Céran pour l'Incorrect

Rajmund Kolbe, quand il ne s’appelait pas Maximilien, est né dans un foyer profondément catholique : ses deux parents étaient tertiaires franciscains. Enfant très remuant, il agace sa pauvre maman qui lui pose la question bien connue de tous les petits relous : « Mais qu’est-ce que tu vas faire de ta vie ? ». Rajmund n’en a pas la moindre idée. Il décide de poser la question à la Sainte Vierge, qui, sous les traits de la Vierge de Czestochowa, lui propose, sans un mot, une couronne rouge (pour le martyre) et une couronne blanche (pour la pureté). Il décide d’accepter les deux, et, rétrospectivement, on peut dire qu’il n’avait qu’une parole.

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La couronne blanche d’abord. Entré au noviciat franciscain à treize ans, il prononce ses vœux perpétuels à vingt ans. Il est si brillant qu’on l’envoie étudier à Rome, en 1917, juste avant son ordination qui aura lieu en 1918. C’est là-bas qu’il fonde la « Mission de l’Immaculée », qui a, parmi ses buts, la lutte contre la franc-maçonnerie. Docteur en théologie, radio amateur et éditeur de nombreuses brochures, Kolbe, devenu le père Maximilien, est toujours aussi remuant. Il a simplement, comme beaucoup d’autres saints, mis son tempérament au service du Bien. Il est allé jusqu’à Nagasaki, où il a fondé, là aussi, une communauté dédiée à la Sainte Vierge. Quoique jugé rétrospectivement comme un méchant antisémite, le père Kolbe donnera asile à de nombreux juifs dès 1939, et sera même tabassé pour cela. Il a laissé à ceux qui le connurent le souvenir d’un saint prêtre, simple et joyeux, proche de tous et secourable à tous, improvisant des prières pleines de feu devant le Saint-Sacrement.

La couronne rouge ensuite. En février 1941, Maximilien Kolbe n’a pas changé de comportement : en tout, ce sont plus de deux mille Juifs qui ont été protégés par sa fraternité. La Gestapo l’arrête et, cette fois, il est déporté à Auschwitz, au bloc 14. En juillet, alors que l’un des prisonniers du bloc est parvenu à s’échapper, les gardiens du camp désignent dix de ses compagnons qui, en guise d’exemple macabre, devront mourir de faim et de soif. L’un des condamnés est père de famille : il se dit accablé de ne pas revoir sa femme et ses enfants. Alors, dans le tas de silhouettes en haillons, se dresse un homme qui demande à prendre sa place. Le gardien le questionne et lui demande son identité. « Je suis un prêtre catholique de Pologne, répond Maximilien Kolbe ; je voudrais prendre sa place, car il a une femme et des enfants ». Enfermé dans le « bunker de la faim », qui conduit habituellement les condamnés à devenir fous et à s’entretuer, le « prêtre catholique de Pologne » instaure immédiatement une ambiance de douceur et de piété, dans laquelle juifs et chrétiens prient.

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Le 14 août 1941, quand le kapo descend « faire de la place » après trois semaines d’agonie atroce sans nourriture et sans eau, les condamnés sont tous morts. Tous sauf lui. Lui qui fixe le criminel d’un regard irradiant de bonté, d’un sourire qui n’est déjà plus d’ici-bas, et tend calmement son bras pour la piqûre de phénol. Le kapo le tue sans pouvoir le regarder en face. Maximilien Kolbe, mort en martyr, est incinéré le lendemain, jour de l’Assomption, jour de la Sainte Vierge, qu’il aima jusqu’au bout. Pour l’anecdote d’ailleurs (mais n’est-ce que cela ?), quand, le 9 août 1945, la démocratie américaine transforma Nagasaki en parking poids lourd, seul le petit monastère dédié à la Vierge, qu’il avait fondé, resta debout. Le 9 août, c’était d’ailleurs la Saint Amour. Il n’y a décidément pas plus solide.

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